Sondage CMC. Les industriels s’attendent à une année difficile
Pour 80% des industriels marocains interrogés, la croissance sera timide. En cause: une conjoncture nationale défavorable.
Le Centre marocain de conjoncture (CMC) vient de publier les résultats d’un sondage qu’il a effectué, durant le 4e trimestre 2015, auprès d’un échantillon d’industriels marocains au sujet des perspectives de croissance en 2016.
Voici ce qu’il faut en retenir:
>80% des industriels prévoient une croissance faible, due essentiellement à la détérioration de la conjoncture nationale
La grande majorité des industriels interrogés (80,4%) prévoit une croissance globale faible de l’économie marocaine pour l’année 2016, avec des nuances selon les secteurs. Pour 20.6 % d’entre eux, cette situation est la conséquence de la conjoncture nationale, tandis que pour 13.2%, c’est la conjoncture internationale qui est en cause.
>Les prix du pétrole et la loi de finances ne parviennent pas à redresser la barre
Avec un cours du pétrole favorable selon 45.7% des sondés et une politique monétaire favorable selon 41.7% d’entre eux, on aurait pu penser que les prévisions de la croissance seraient beaucoup plus optimistes.
Mais c’était sans compter la faiblesse de la demande intérieure, que 43.5% des sondés jugent moyennement favorable et un investissement public que 74% des sondés jugent insuffisant pour faire face au cycle conjoncturel à venir.
La pluviométrie a également influencé négativement les perspectives de la croissance, selon 47.8% des sondés.
>L’économie marocaine reste très dépendante de l’agriculture
Pour 47.8% des industriels interrogés, la pluviométrie influencera négativement la croissance. Ce chiffre reflète le rôle majeur que continue de jouer l’agriculture dans la croissance marocaine.
Etant donné le souhait du Maroc de devenir un pays émergent d’ici quelques années, le rôle que joue l’agriculture reste encore trop important et des mesures sont nécessaires pour relancer et redynamiser l’industrie, tout comme la demande intérieure.
C’est ce qui a déjà été fait à travers les nouvelles mesures introduites par la loi de finances 2016, en faveur des PME/PMI, la décompensation ou encore la réduction du déficit externe.
Les industriels sondés saluent d’ailleurs les progrès réalisés au niveau de la décompensation (63%), de la réduction du déficit budgétaire (52.2%) et de la réduction du déficit externe (30%), même s’ils en demandent plus au niveau de la hausse de l’investissement (74%) et des mesures en faveur des PME/PMI (63%).