Le plan de Moulay Hafid Elalamy pour booster le secteur du cuir
Le plan d’accélération industrielle 2014-2020 organise trois filières du secteur du cuir en écosystèmes. Il entend créer 35.000 emplois d’ici 2020.
"Cette filière est en mesure de faire beaucoup mieux. Nos chiffres sont ridicules par rapport à nos capacités. Il est temps de passer à la vitesse supérieure", Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, affiche clairement sa déception quant au rendement d’un secteur qu’il estime capable de "réaliser des merveilles".
C’est pourquoi le ministre, dans le cadre du plan d’accélération industrielle 2014-2020, a procédé ce jeudi 11 février au siège du ministère à Rabat, à la signature de 4 contrats de performance pour le lancement de 3 écosystèmes dans le secteur du cuir (chaussures en cuir, maroquinerie vêtements en cuir, tannerie et mégisserie) en compagnie de Mohammed Boussaid, ministre de l’Economie et des finances, et de Hamid Ben Rhrido, président de la fédération des industries du cuir (Fedic).
Pour la filière des chaussures en cuir, le ministre souhaite mettre à niveau les acteurs aux standards internationaux, attirer de nouveaux investisseurs et saisir les opportunités sur le marché local et à l’export.
S’agissant de la maroquinerie et vêtements en cuir, le plan d’accélération entend densifier le tissu d’acteurs existants, moderniser et améliorer la compétitivité, pour se destiner aux marchés à l’export.
Quant à la tannerie et mégisserie, l’écosystème permettra d’améliorer la valorisation locale des peaux, ainsi que de mettre à niveau la filière et de s’aligner sur les normes environnementales internationales.
Les mesures d’accompagnement
Une myriade de mesures d’accompagnement sont prévuse pour les acteurs des écosystèmes, dans le cadre de ces contrats de performances conclus. Elles englobent, pour les 3 écosystèmes, le soutien financier, l’accès au foncier, un plan de formation des ressources humaines, l’intégration de l’informel ou encore la mise à niveau et instauration de labels de qualité.
Le soutien financier se traduit par un appui à l’investissement, à la fois matériel et immatériel, à travers le Fonds de développement industriel (FDI). Cet appui se présente sous forme d’aides directes, pouvant atteindre jusqu’à 30% du montant global d’investissement matériel et immatériel.
Les mesures mettent aussi l’accent sur le foncier et la mise à disposition de 96,7 hectares, destinés au secteur, ventilés à raison de 45,7 hectares pour la filière des chaussures en cuir, 6,7 hectares pour celle de la maroquinerie et vêtements en cuir, et 44,3 hectares pour la tannerie et mégisserie.

Le ministre a également souligné l’importance de la mise à niveau du cadre normatif et de l’instauration de labels de qualité.
Le plan s’intéresse également aux ressources humaines, via la mise en place d’une offre de formation, en partenariat avec les établissements de formation professionnelle, notamment l’OFPPT.
Des mesures spécifiques pour chaque écosystème sont également à l’ordre du jour. Pour celui des chaussures et maroquineries, Moulay Hafid Elalamy projette de "développer du sourcing de grands donneurs d’ordres internationaux et de soutenir la croissance d’activités promotionnelles à l’export".
Quant à la tannerie et mégisserie, le ministre songe à "mettre en place une bourse du cuir, un district dédié dans la région de Fès et un accompagnement de la structuration de l’amont sectoriel", a déclaré le ministre.
35.000 emplois de plus à l’horizon 2020
Placées dans le cadre du plan d’accélération industrielle du royaume, ces mesures d’accompagnement permettront de créer à l’horizon 2020, 35.000 emplois (20.000 emplois directs 15.000 indirects), répartis par profils comme suit: 620 ingénieurs, 2.465 techniciens et 31.910 opérateurs. Par métiers, la répartition s’établit à 25.500 emplois pour la filière des chaussures, 5.000 pour la maroquinerie et 4.500 en faveur de l’écosystème de la tannerie.
Le secteur ambitionne, à l’horizon 2020, de lancer 40 projets d’investissement faisant partie desdits écosystèmes, de réaliser un chiffre d’affaires additionnel de 7,5 milliards de DH, une augmentation de la valeur ajoutée de 2,7 milliards de DH et un bond des exportations de 5,5 milliards de DH.

Actuellement, le secteur compte environ 295 unités industrielles et crée 21.000 emplois directs. La valeur ajoutée atteint environ 815 millions de DH et les exportations près de 4 milliards de DH.