Lahcen Daoudi: “Des groupes minoritaires extérieurs à l’université sont à l’origine des violences”
Après les incidents de Marrakech et d’Agadir le mois dernier, de nouveaux incidents ont éclaté à Dar El Mahraz à Fès le 1er février. "Des groupes politiques ultra-minoritaires utilisent les campus comme caisse de résonance", affirme M. Daoudi à Médias 24.
Le ministre de l’Enseignement supérieur Lahcen Daoudi tire au moins deux enseignements des récentes violences universitaires: des groupes politiques utilisent les campus comme caisse de résonance et "la police et la justice sont débordées".
Plus que le problème de la violence sur les campus universitaires, "les récentes violences selon M. Daoudi mettent aussi en évidence le fait que dans notre pays comme ailleurs en Europe ou au Maghreb, les structures de la police et de la justice sont de plus en plus sollicitées".
Les conflits du Moyen-Orient et leurs suites terroristes au nord et au sud de la Méditerranée tirent sur les ressources de la police et de la justice. "Lorsque des jeunes violents sont arrêtés, estime M. Daoudi, cela mobilise excessivement la police et au niveau de la justice, ces jeunes sont souvent relâchés".
Sur un plan de politique intérieure, M. Daoudi y voit "l’extrémisme de la rue qui arrive sur les campus. Des groupes amazighs, sahraouis et qaïdis s’affrontent. Ils le font sur les campus, car ils ne peuvent pas s’affronter dans la rue. Sur les campus, cela résonne plus au niveau de l’opinion publique et des médias".
Interrogé sur l’identité de ces militants qaïdis, M. Daoudi répond que "ce sont des jeunes violents qui ne savent pas que le mur de Berlin est tombé".
Selon M. Daoudi, "ces qaïdis s’attaquent aux militants de gauche et aux islamistes. Parmi ceux-ci, se trouvent souvent des anciens étudiants au chômage", en d’autres termes des diplômés-chômeurs.
Contacts avec l’Intérieur et la Justice
"Le ministère de l’Enseignement supérieur est en contact avec les départements de l’Intérieur et de la Justice pour trouver une solution, indique M. Daoudi à Médias 24. 99,99% des étudiants étudient et veulent étudier, souligne-t-il. Les violents qui viennent de l’extérieur arrivent masqués et cassent les caméras de surveillance. Il existe une très petite minorité, mais qui est chargée idéologiquement. Ils se réclament anti-système et anti-régime".
"Partout dans le monde ajoute M. Daoudi, les groupes ultra-minoritaires qui n’ont aucune popularité ont recours à la violence. C’est leur moyen d’exister".
Pour l’instant, bien que ces phénomènes de violence restent limités, les départements concernés, en particulier l’Enseignement supérieur, n’ont pas encore annoncé de stratégie pour les endiguer.