Pressing des ONG contre le projet de loi sur les employés de maison
La commission parlementaire des secteurs sociaux se réunira ce mercredi à 10h afin d'examiner les amendements.
Mais aussi afin de procéder au vote du projet de loi 19-12 qui fixe les conditions de travail des employés de maison.
Critiqué de toutes parts, le projet de loi sur les travailleurs domestiques présente de grands dangers sur la sécurité des jeunes filles que l'on appelle, "les petites bonnes". Tel qu’il est proposé en commission, il risque de consacrer la discrimination et le travail des mineurs.
L'article 6 du projet de loi, qui sera discuté le 27 janvier en commission des affaires sociales, donne la possibilité aux enfants âgés de 15 à 18 ans d'exercer en tant que travailleurs domestiques. Cette disposition est soumise à la condition d'obtention d'une autorisation délivrée par leur tuteur légal.
Selon des sources associatives, l'un des amendements qui seront discutés mercredi en commission traite de la question de l'âge. "Nous nous orientons vers la légalisation de l'âge minimal d'accès au travail domestique à 16 ans", s'indigne Omar El Kindi, président de l'association Insaf, dans une correspondance adressée à Médias 24.
Il s'agit, selon lui, d'"une grave atteinte aux droits de l'enfant et d'une consécration d'une pratique sociale indigne".
Et pour cause, le même article de ce projet de loi interdit d'employer les travailleurs domestiques dans des tâches présentant de "très grands risques", sans pour autant les nommer.
Invité sur le plateau de l'émission 60 minutes pour comprendre sur Medi1tv, le président de l'association Bayti, Jaouad Chouaib, estime qu'il faut distinguer le travail domestique des autres tâches.
"Le travail domestique est l'une des pires formes d'exploitation" a-t-il déclaré, tout en rappelant les engagements internationaux non respectés par le Maroc en matière de protection des droits de l'enfant.
Il est à noter que plusieurs ONG nationales et internationales ont appelé à l'interdiction de l'emploi des petites filles comme travailleuses domestiques et à fixer l'âge minimum à 18 ans.
A ces atteintes aux droits de l'enfant s'ajoutent des discriminations économiques. En effet, l'article 11 du projet de loi dispose que le salaire minimal de l'employé domestique doit être équivalent à la moitié du salaire minimal pratiqué dans les secteurs industriel, commercial ou libéral.