Sahara: la Suède a remis officiellement les pendules à l'heure
Cette fois-ci c'est officiel. La ministre suédoise des AE a annoncé vendredi que le gouvernement suédois a décidé de ne pas reconnaître "le Sahara occidental". Les relations avec le Maroc vont pouvoir reprendre un cours normal.
Le gouvernement suédois vient de remettre les pendules à l'heure sur le dossier du Sahara, en réaffirmant de la manière la plus solennelle que le Royaume scandinave n'a nullement l'intention de reconnaître une entité qui ne répond point aux critères élémentaires d'un Etat, tels que requis par le droit international.
Mardi, le président de la Chambre des représentants Rachid Talbi Alami entame une visite officielle en Suède, qui va marquer la reprise d'une nouvelle page des relations entre les deux pays.
"Le gouvernement n'a pas l'intention de reconnaître le Sahara occidental, en concorde avec les évaluations des gouvernements précédents en la matière", a annoncé vendredi la ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallstrom, assénant un revers cinglant aux séparatistes et à leurs soutiens.
Au nom de la légalité internationale et des exigences de la préservation de la paix et de la sécurité régionale, le Royaume nordique rappelle son soutien au processus de négociations en cours sous l'égide des Nations-Unies, n vue d'une "solution équitable et mutuellement acceptable" au différend sur le Sahara.
Cette décision est d'autant plus significative qu'elle intervient au terme d'un rapport d'évaluation interne engagé depuis plusieurs mois par Stockholm.
"Une reconnaissance ne favoriserait pas ce processus", a affirmé, à la lumière de cet examen, la chef de la diplomatie du Royaume scandinave, relevant que "la situation au Sahara occidental diffère par ailleurs de celle des Etats que la Suède a reconnus par le passé".
L'actuel gouvernement suédois, dirigé par les sociaux-démocrates et les Verts, douche ainsi les espoirs tant nourris par les séparatistes, leurs mentors et tous leurs soutiens politico-médiatiques, qui pariaient sur une décision de Stockholm en faveur d'un Etat fantoche.
Certes, le parti-pris de certains cercles gauchistes au pays nordique, aveuglément alignés sur les thèses algériennes, ne date pas d'hier: campagnes contre les produits originaires des provinces du sud et boycott des sociétés marocaines et étrangères opérant dans cette partie du territoire du Royaume sont, de longue date, des pratiques récurrentes.
En rappelant que la situation au Sahara est différente des autres contextes où le pays a été amené à reconnaître des Etats par le passé, le pays nordique a, en outre, balayé d'un revers de main les comparaisons fausses et sans fondements parfois mises en avant pour tordre le coup aux réalités sur le terrain et aux vérités historiques incontestablement têtues.
Le ministère des Affaires étrangères salue la décision suédoise
La décision de la Suède de ne pas reconnaître la pseudo "RASD", est "en conformité avec le droit international et en harmonie avec le processus politique mené dans le cadre des Nations-Unies", indique vendredi le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération (MAEC).
"Il s'agit d'une position en conformité avec le Droit international et en harmonie avec le processus politique mené dans le cadre des Nations-Unies, en vue de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable à ce différend, qui n'a que trop duré", précise le MAEC dans un communiqué.
Le ministère souligne que le Maroc a pris note de la présentation, ce vendredi, des conclusions du rapport "d'évaluation" effectué par le gouvernement suédois au sujet de la question du Sahara marocain.
Au-delà de quelques appréciations contestables, le Maroc constate que l'analyse menée par le Gouvernement suédois durant 18 mois, a abouti à la conclusion inexorable que la chimérique "RASD" ne peut être reconnue, alors que "au regard du droit international, les exigences pour la reconnaissance ne sont pas remplies", poursuit le ministère.
Le Maroc, ajoute la même source, espère que "cette position légaliste forte du gouvernement suédois pourra faire éclore la voix du discernement critique et de la conscience légale dans l'esprit de tous ceux, gouvernements et organisation régionale, qui ont opté pour une reconnaissance indue de la "république" fantomatique et illégale".
Le ministère des Affaires étrangères souligne que le Maroc est convaincu que, inscrite dans la durée, cette position constructive du gouvernement suédois sur les différentes dimensions de ce différend régional, notamment la dimension économique, favorisera le développement serein et substantiel des relations bilatérales.