Région Tanger-Tétouan: les alliés d’El Omari de plus en plus critiques
Les élus de l’Istiqlal et du RNI se montrent critiques sur la gestion du président Ilyas El Omari. Leurs remarques concernent "Le travail qui n’a pas démarré, l’absence d’organigramme et de vision". Le conseil régional doit tenir une séance plénière le 29 janvier.
"Ça patine". C’est en ces termes qu’un élu de la coalition PAM-Istiqlal-RNI-UC qualifie la situation actuelle du conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTAH). Le conseil régional est composé de 63 élus, dont plus du tiers forment l’opposition composée du PJD et du PPS.
Selon cet élu de la majorité, “le grand problème du Conseil régional est sa structure administrative, toujours calquée sur un fonctionnement antérieur aux dernières élections du 4 septembre 2015. Depuis l’été dernier, le Conseil régional dispose de prérogatives élargies, ses membres sont élus au suffrage universel direct et son budget 2016 avoisine les 400 MDH, contre moins de 100 MDH en 2015“.
Notre interlocuteur, un élu du parti du RNI de Salaheddine Mezouar, critique l’absence d’organigramme et l’existence de commissions sans véritable programme de travail.
Cette situation ne date pas du mois de janvier. Dès le mois de décembre dernier, des élus de l’Istiqlal avaient adressé un mémorandum au président de la région et numéro 2 du PAM, Ilyas El Omari, pour “attirer son attention sur l’absence d’organigramme professionnel, avec des binômes élu(e)/fonctionnaire, l’absence d’un agenda partagé entre les élus et les membres des commissions, et l’absence d’une vision de travail d’ensemble“.
"Le président appelle les élus la veille pour des réunions qui doivent se tenir le lendemain", indique l’un. "De l’autre côté, on voit des élus venir au siège du Conseil régional et se demander comment ils peuvent se rendre utiles".
Un nouveau nom pour la région?
Les Istiqlaliens ont également émis des remarques sur le problème d’image de la région. Sans aborder la problématique du cannabis ou de la contrebande, le mémorandum que Médias 24 a pu consulter demande un changement de nom de la région pour "quelque chose de plus simple et de plus vendable", selon les termes d’un élu. "Tanger-Tétouan-Al Hoceima, c’est long et c’est lourd", assène-t-il. Des propositions ont ainsi été émises: Région Nord, Région Tanger-Med ou Tingis.
Des remarques similaires sont émises sur l’absence d’un support de communication papier ou l’absence d’un site web digne de l’intérêt porté à la région. Un interlocuteur ajoute que M. El Omari pourrait faire pour la région ce qu’il a fait pour lui-même, en créant des journaux et un site web.
Le mémorandum aborde également les points de l’identité visuelle et du logo. L’écusson actuel est "ringard" et la région, 2e en importance économique du pays, n’exploite pas son potentiel de visibilité.
Le RNI et l’Istiqlal critiquent, le PAM se réunit
Enfin, les élus istiqlaliens proposent de donner plus d’importance au projet de jumelage entre Tanger et Bruxelles. La métropole belge abrite une large communauté marocaine, en grande partie originaire de Tanger, mais aussi de Tétouan et du Nord en général.
La Belgique, qui vient de rouvrir une chambre de commerce à Tanger, s’apprête à faire de même pour un consulat honoraire, qui traitera au moins dans un premier temps les cas de citoyens belges ayant besoin d’une assistance consulaire dans la région.
Après l’élection du bureau du conseil régional en septembre dernier, le président avait promis l’organisation d’un week-end d’intégration et de "brainstorming", qui n’a pas encore pu avoir lieu. A tel point qu’aujourd’hui, des élus en parlent comme du "fameux week-end".
En attendant, le groupe des élus du PAM a programmé une réunion pour ce lundi 18 janvier à Tanger. Les élus du PJD eux se réunissent ce vendredi 15 janvier. Le Conseil régional n’a pas encore commencé à réellement travailler que déjà, des élus rappellent que le mandat du président doit être remis en jeu dans trois ans.
Si l’Istiqlal se rapproche du PJD au niveau national, l’équilibre du Conseil régional peut s’en trouver modifié.
Contacté au téléphone et à son cabinet par nos soins mardi, le président de la région et numéro 2 du PAM n’a pas répondu à nos sollicitations le jeudi soir. Selon un dirigeant du PAM, "El Omari est enfermé dans des réunions à Rabat, pour préparer sa candidature au congrès du PAM".