L’UC premier parti politique à s’élever contre le blocage de la VoIP
Le blocage de la VoIP arrive sur le champ politique. A partir d’arguments d’ordre économique et social, l’UC s’élève contre cette décision et interpelle le Conseil de la concurrence, l’ANRT et le gouvernement.
Voici le texte intégral de ce communiqué :
“Le parti de l’Union Constitutionnelle regrette la décision de blocage la VOIP sur les applications mobiles chez les trois opérateurs de télécommunications au Maroc.
“Cette décision intervient contre tout bon sens technologique. Elle comporte des zones d’ombre , à la fois du point de vue de sa légalité et de sa portée symbolique. En effet, depuis quelques jours, les clients des trois opérateurs télécoms sont confrontés à cette décision de blocage, justifiée par le régulateur par «le manque à gagner pour les opérateurs».
“Pour rappel, la mission de régulation ne peut en aucun cas servir les seuls intérêts économiques des opérateurs, au détriment du confort et de la promesse de vente formulée par ces mêmes acteurs aux clients.
“Alors que, depuis plusieurs mois, les opérateurs argumentent plusieurs de leurs offres commerciales de services par la facilité d’usage de ces applications, dans leurs fonctionnalités complètes, il est aujourd’hui inadmissible de revenir sur une fonctionnalité déterminante de ces promesses, en l’occurrence la possibilité de passer des appels via Internet.
“Par ailleurs, s’agissant d’applications fonctionnant sur disponibilité de «solde Internet» sur les téléphones, le «manque à gagner» des opérateurs, fournisseurs de «pass Iinternet», est à relativiser.
“Grâce à l’usage massif de ces applications, les opérateurs télécoms développent, au contraire, un chiffre d’affaires important.
“Le parti de l’Union Constitutionnelle exprime également son étonnement face au silence des institutions publiques et non gouvernementales, suite à cette décision.
“La chronologie des faits et la concordance de la mise en oeuvre du blocage de la VOIP, laissent entrevoir une «entente entre opérateurs».
“A ce titre, l’UC interpelle le Conseil de la concurrence, les associations de défense des consommateurs et rappelle à l’ANRT sa pleine responsabilité, particulièrement celle de la veille aux intérêts des clients du secteur des télécommunications.
“Véritable contre-pied à la politique de libéralisation des usages et l’ouverture sur les nouvelles technologies, conduite par le Royaume depuis les années 1990, cette décision place le Maroc dans le club des pays faisant de cette restriction une entrave aux libertés de communication.
“Elle porte par ailleurs un coup dur aux nombreuses start-ups, entreprises et unités de création technologiques, à un moment où l’entreprenariat, notamment dans les nouvelles technologies, est une voie potentielle pour la création de milliers d’emplois et de valeur ajoutée. Le véritable manque à gagner se situe, incontestablement, au niveau des TPE et PME ayant conçu des chaînes de création de valeur basées sur la disponibilité de services de la VOIP dans ces applications.
“Pour bien des investisseurs internationaux, de différentes tailles, la disponibilité de la VOIP constitue un critère d’implantation dans les pays à la recherche d’IDE (Investissements directs étrangers).
“De ce fait, cette décision touche à la compétitivité du Maroc, à un moment où le pays amorce une stratégie nationale et historique d’ouverture sur le monde par la création et le développement de plate‐formes d’offshoring et de nouvelles technologies.
“Enfin, du point de vue de la traçabilité des communications, le recours, à cause de ce blocage, par les utilisateurs à d’autres moyens technologiques, véritables passerelles anonymes entre la data et la voix, et continuellement disponibles, ouvrira le champ à des pratiques difficilement contrôlables et pouvant comporter un risque pour la sécurité nationale, en cas de besoin.
“Conscient que ce blocage constitue une forme de censure inappropriée aux choix stratégiques du Maroc et particulièrement sensible à la bonne santé d’un secteur où il a largement contribué, à la fin des années 1990, à l’installation d’une libéralisation sectorielle mais surtout culturelle, le parti de l’Union Constitutionnelle appelle le gouvernement, via son ministère dédié aux nouvelles technologies et son agence de régulation, à la révision de cette décision maladroite.
“Par ailleurs, afin de créer de la valeur supplémentaire sur le marché des télécoms, sans recourir à de telles mesures protectionnistes, l’UC rappelle aux opérateurs l’opportunité d’investir dans les contenus, les offres triple play (internet‐téléphone-Tv) ainsi que la création d’opérateurs virtuels (Mvno) sous marques partenaires à fort potentiel de communauté de clients (clubs de football, chaînes de radio et de Tv…)“.