Hassad explique les violences policières par les provocations et l'illégalité des manifestations
Le ministre de l’Intérieur était sur la sellette ce 12 janvier à la Chambre des conseillers, par rapport aux violences policières contre les enseignants stagiaires.
Mohamed Hassad s’en est plutôt bien tiré. Les interpellations des conseillers étaient virulentes. Les intervenants ont rappelé les garanties constitutionnelles en matière de droit de manifester, de droit d’expression et d’intégrité physique.
La question qui revenait dans la plupart des interventions était celle-ci: qui a donné l’ordre? Qui est responsable? S’agit-il de Abdelilah Benkirane?
Hassad n’a pas éludé la question. Sa réponse fut claire: "En application de la loi et en accord avec le chef du gouvernement, nous avons interdit ces manifestations. Nous savions que du grabuge était programmé par une partie des organisateurs. Les intéressés ont été avisés de cette interdiction. A Fès et à Tanger, ils ont réduit leurs rassemblements au minimum et sont pacifiquement repartis. A Inezgane, Casa et Marrakech, ce fut un autre scénario: occupation de l’espace public, entrave à la circulation, provocations contre les forces de l’ordre. Après les sommations réglementaires, la police est intervenue."
Selon le ministre de l’Intérieur, "tout ceci est encadré par une certaine organisation que vous connaissez [Al Adl Wal Ihsane], vous voyez bien de qui je parle."
Hassad affirme que pendant les deux derniers mois, les enseignants stagiaires ont régulièrement manifesté, sans que cela pose le moindre problème. Cette fois-ci, ajoute-t-il, nous savions qu’il y avait volonté d’escalade. On a commencé à faire le tour des établissements scolaires pour attirer les élèves et les enseignants.
La loi est claire selon le ministre: les manifestations, les rassemblements sont autorisés, mais il faut une déclaration préalable avec les noms des organisateurs, l’itinéraire, le nombre de personnes attendues… Les autorités n’ont reçu aucune déclaration.
Il invite les députés à prendre connaissance de la vidéo qu’il a diffusée et où l’on voit les manifestants à Casablanca, Inezgane et Marrakech, les sommations des forces de l’ordre, l’occupation de la voie publique, l’entrave à la circulation. Il affirme qu’il y a eu un seul cas de blessure, à propos de laquelle une enquête a été ouverte.
Mohamed Hassad est catégorique: "Il n’y aura pas de retour en arrière, soyez assurés que nous voulons éviter la violence, le langage du bâton n’a pas sa place, chaque jour il y a au Maroc une cinquantaine d’actions de protestation sociale qui se déroulent pacifiquement." Hassad conclut en précisant que la séparation entre la formation et le recrutement est déjà pratiquée dans tous les secteurs et que l’enseignement est le dernier secteur à être concerné par cette réforme.