Sondage. Ce que pensent les Marocains de Da'ech, le conflit syrien, l'islamisme,...
Economie, Da'ech, printemps arabe, montée de l’islamisme d’un côté et des courants laïques de l’autre, les Marocains ont des avis bien prononcés sur le sujet.
Selon une étude de Doha institute sur l’opinion publique arabe face aux problématiques actuelles de la région, les Marocains plus ou moins favorables à Da'ech ne représentent que 8% de la population.
Ceux-ci ne le sont pas pour des raisons idéologiques et religieuses pures, mais plutôt compte tenu de la menace que représente Da'ech pour les grandes puissances occidentales, coupables, selon l’opinion publique, des conflits dans le monde arabe.
Plus de la moitié des Marocains pensent quand même que Da'ech est plutôt le fruit des conflits régionaux et de la radicalisation et non pas l’invention directe des occidentaux, comme l’évoquent certaines théories conspirationnistes.
Le taux de perceptions positives de Da'ech au Maroc, bien que non négligeable, ne reflète donc pas une radicalisation de la société, pas plus qu’il ne reflète l’indignation générale vis-à-vis des politiques occidentales et l’envie d’une loi du talion.
D’ailleurs, la société marocaine est moins favorable à Da'ech, comparée par exemple à la Mauritanie, où 20% des citoyens en ont une perception positive.
Le citoyen moyen est donc intéressé par l’évolution de Da'ech et déclare même, à 60%, suivre régulièrement les bulletins d'informations s’y rapportant, surtout via les chaînes de télévision, la presse écrite, et Internet.
D’un autre côté, les Marocains ont une idée bien précise sur la manière de régler le conflit syrien.
Ainsi, 70% d’entre eux estiment que la meilleure solution pour régler le conflit syrien est de déchoir le pouvoir en place. Par contre, seuls 44% des Tunisiens et 50% des Egyptiens préconisent le changement de pouvoir. Des avis intéressants de deux nations qui ont été les premières à connaître la vague de révolutions, et qui ont sûrement, vu leurs réponses prudentes, pris du recul par rapport à leur propre vécu.
Enfin, du point de vue interne, la moitié des Marocains est optimiste et positive par rapport à la situation économique du pays. Cet optimisme laisse penser que ceux-ci ressentent donc une stabilisation de la situation économique, si ce n’est pas son amélioriation.
Cette tendance prend tout son sens lorsque la cible estime avoir toute la liberté de critiquer le gouvernement du pays, ce qui en soi, dénote d’un certain degré de stabilité politique et de démocratie.
Que pensent les autres pays arabes?
Globalement, 7% des habitants du monde arabe ont une perception positive de Da'ech et 4% sont neutres, ce qui rejoint l’opinion publique marocaine.
D’un autre côté, une grande partie de la population arabe (59%) trouve que le printemps arabe et les révolutions qui ont secoué les pays n’ont pas eu les résultats escomptés et sont déjà de l’histoire ancienne. Certains pensent même que les pouvoirs actuellement en place dans ces pays sont ceux qui ont été chassés au départ par les révolutions.
Enfin, à l’ombre de ces doutes sur la situation actuelle dans le monde arabe et son évolution future, les craintes des uns et des autres montent et mettent en péril la stabilité des pays et surtout l’union de leurs différentes composantes.
Ainsi, il y a presque autant de craintes vis-à-vis de la montée de l’islamisme (57%), que par rapport à la prise de pouvoir des mouvements laïcs (61%).