Mezouar se projette vers les législatives 2016
Devant les présidents des communes et les membres des conseils régionaux de son parti, Salaheddine Mezouar a troqué sa casquette de ministre contre celle de président, profitant de l’occasion pour motiver ses troupes, en vue des futures législatives et pour remettre à leur place ses alliés du PJD.
"Je vous donne rendez-vous aux élections de 2016. Vous saurez alors ce dont le Rassemblement national des indépendants est capable", a déclaré Mezouar sur un ton conquérant, s’adressant à une audience composée des présidents des communes, des conseils régionaux du RNI, réunis le 19 décembre 2015 à Rabat, dans la salle de conférence de l'Ecole nationale supérieure des mines. Salaheddine Mezouar a adressé des messages forts à ses alliés du PJD:
1. le RNI est un parti de principes et ses principes sont basés sur les constantes sacrées du Maroc; en d'autres termes, le RNI n'est pas un parti qui trahit ses alliés, il n'est pas un parti sous influence.
2. Le RNI a sauvé l'expérience gouvernementale en acceptant d'une part de rejoindre la coalition pour reonstituer une majorité après le départ de l'Istiqlal et d'autre part à travers son travail à la tête du pôle économique et financier et le rétablissement progressif des grands équilibres macroéconomiques.
Cette rencontre, la première depuis les élections communales et régionales du 4 septembre 2015, a également connu la présence de grandes figures du parti, à l’instar de Mohamed Boussaid, Fatema Marouane, Mbarka Bouaida et Rachid Talbi Alami.
Tout en se félicitant du score enregistré par son parti lors des dernières élections (4.408 sièges, 4e après le PAM, le PI et le PJD), Mezouar s’est montré optimiste quant aux échéances législatives futures.
"L’année 2016 connaîtra une étape importante, celle des élections législatives. Le RNI tirera les leçons de ses erreurs et abordera cette étape avec force et détermination", promet-il, motivé. En s’adressant directement à ses troupes, il ajoute: "Nos résultats seront excellents. Et ce sera grâce à vous, grâce à la politique de proximité que vous adopterez à l’égard des habitants". Motivé et motivateur, le secrétaire général!
"Nous userons des moyens nécessaires, technologiques ou classiques, afin d’améliorer la communication avec les habitants. Nous voulons gagner la confiance des Marocains, dont une grande partie se plaint d’un manque de communication avec les élus, ou de retard pour obtenir de simples documents administratifs. Des problèmes banals, faciles à régler. Pourquoi rechignons-nous à y apporter des solutions, alors que nous le faisons pour des problèmes plus complexes?", s’interroge-t-il, peut-être en pensant à la décision de la Cour européenne de justice.
La casquette de ministre des Affaires étrangères n’est jamais très loin.