img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
CULTURE

Amine Kabbaj: “La biennale de Marrakech prend une dimension mondiale”

Au lendemain d'une conférence de presse portant sur l’organisation de la 6e édition de la biennale de Marrakech, le président de la MB6 revient pour Médias24 sur l’enjeu de cet événement culturel.

Amine Kabbaj: “La biennale de Marrakech prend une dimension mondiale”
Samir El Ouardighi
Le 17 décembre 2015 à 16h04 | Modifié 17 décembre 2015 à 16h04

Médias24: Qui sont les artistes et le programme de cette année à la biennale de Marrakech?

Amine Kabbaj: Aujourd’hui, l’art passe par deux vecteurs essentiels de développement artistique. Un vecteur intellectuel via l’organisation de 200 biennales dans le monde qui sont des leviers sans considération lucrative pour explorer les nouvelles tendances en matière d’art contemporain. Par ailleurs, il y a des foires avec des galeries qui contribuent au commerce de l’art. 

Notre commissaire d’exposition de cette année Reem Fadda (musée Guggenheim, Abu Dhabi) a choisi un certain nombre d’artistes qui seront exposés dans le cadre d’un programme "In". Et il y aura aussi une programmation "Off". Nous aurons donc des artistes locaux comme étrangers (Argentine, d’Australie...).

Pour cela, nous avons sélectionné 30 projets sur 350 offres et nous avons établi des partenariats avec des institutionnels comme l’Institut français, le Cervantes, l’ESAV, le ministère de la Culture…

-Quelle sera la thématique de cette année?

-Le thème retenu est parti d’un dicton arabe qui dit "Quoi de neuf, là?". C’est un questionnement qui porte sur la nouveauté car jusqu’à récemment, tout ce qui était nouveau venait d’Occident. Aujourd’hui, les choses ont changé, car l’innovation vient d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du Sud.

-S’inscrira t-elle dans l’actualité brûlante du terrorisme? 

-Aujourd’hui, nous sommes dans un monde qui bouge, avec la mondialisation des échanges et la révolution d’Internet, où l’information devient instantanée. Nous voulons donc montrer au monde notre marocanité, à travers notre culture plurielle (africaine, arabe, berbère, judéo-musulmane…).

Cet évènement montre que la coexistence n’est pas un vain mot, en cette période d’amalgames.

-Y a-t-il des nouveautés cette année?

-Nous sommes en train de développer un programme éducatif destiné aux écoles primaires et secondaires, car l’art passe aussi par la jeunesse. Les écoles des beaux-arts de Tétouan et de Casablanca vont se délocaliser dans la biennale pour plusieurs semaines.

De cette manière, il y aura des allers etretours entre le public, les étudiants et les œuvres des artistes, grâce à l’action d’une spécialiste qui dirige ce programme.

-A quel public s’adresse votre événement artistique?

-Ce n’est pas un public mais des publics auxquels la biennale est destinée. Il y aura des professionnels de l’art, des artistes de tous les horizons et bien évidemment le grand public, féru d’art ou pas.

-Quelle place occupe la biennale de Marrakech à l’échelle mondiale?

-Sur plus de 200 biennales organisées à travers le monde, nous avons été reconnus 18e au classement mondial effectué en 2013 par l’association des biennales du monde.

-Grâce à cette reconnaissance mondiale, on peut considérer que votre combat n’est pas vain?

-La particularité marocaine est son point de jonction entre Afrique, Europe et monde arabe. Nous avons un positionnement unique, qui nous permet de rayonner sur plusieurs cultures étrangères. Notre commissaire d’exposition s’inscrit dans cette dynamique, car elle va rapatrier des œuvres d’artistes afro-américains au Maroc, sur le continent de leurs ancêtres.

-Quels sont les moyens alloués à votre événement artistique?

-Il faut rappeler que c’est Vanessa Branson qui a créé cette biennale, avant de se retirer de sa gestion en 2014, mais en gardant un titre de présidente fondatrice. Nous lui devons beaucoup,car hormis la création de la biennale, elle a aussi financé en partie les cinq premières éditions. Elle a dû dépenser 20 millions de DH de sa poche sur ces dix dernières années, sans aucun retour financier. Sa Majesté nous a d’ailleurs tous deux décorés du Wissam Al Arch lors de l’inauguration du musée MMVI.

Cette année, nous aurons 12 millions de DH en numéraire, sans compter des donations en nature (hôtels, gratuité municipale…). Nos donateurs sont entre autres l'OCP, la RAM, Saham, Maroc Télécom, Holmarcom, l'ONMT…

-Les sponsors vous suivent-ils plus qu’avant?

-Pour l’instant, nous avons cinq petits sponsors, mais nous allons aussi avoir un encouragement de grosses sociétés marocaines. Nous travaillons aussi pour que la société civile s’engage à nos côtés. Les amis de la biennale sont des amoureux de l’art, qui nous aident avec des chèques compris entre 10.000 et 150.000 DH.

La municipalité nous aide et le ministère de la Culture nous prête gratuitement plusieurs lieux d’exposition prestigieux. Nous avons même une société de détaxe qui nous donne de l’argent et le directeur de la conservation foncière, qui est un amoureux de l’art, se montre généreux avec nous.

-Comment vous projetez-vous dans l’avenir?

-Notre ambition est de donner un cachet particulier à cet événement, pour qu’il s’inscrive dans la durée. Même si nous ramons un peu au niveau financier, les choses avancent dans le bon sens et c’est un événement qui est désormais bien installé dans le paysage artistique marocain.

Nous sommes fiers de contribuer à faire bouger la culture au Maroc et de créer des plus-values pour nos artistes marocains.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Samir El Ouardighi
Le 17 décembre 2015 à 16h04

à lire aussi

الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر
Arabic Content

Article : الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر

على الرغم من أن الجزائر حصلت على نائب رئاسة الاتحاد الأفريقي، إلا أن المغرب هو الذي يستفيد من الوضع، مؤكدًا نفسه كقوة لا يمكن تجاهلها. تحقيق حول تأثير متزايد.

BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque
Quoi de neuf

Article : BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque

BMCE Research redéfinit la prime de risque actions, révélant une baisse significative et un marché en pleine mutation, soutenu par des anticipations optimistes.

Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”
gitex 2025

Article : Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”

Lors du Gitex Africa 2024, l’interview avec Amir Rao, directeur de la gestion des produits Telco chez AWS, dans le M24 Live Studio a mis en lumière les ambitions et les initiatives de l'entreprise en collaboration avec Orange pour déployer des zones AWS WaveLAN au Maroc et au Sénégal. Cette collaboration vise à renforcer l'écosystème technologique africain, à favoriser l'innovation et à répondre aux exigences réglementaires locales.

Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie
NATION

Article : Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie

Bien que l'Algérie ait sécurisé la vice-présidence de l'UA, c'est le Maroc qui tire son épingle du jeu, s'affirmant comme une puissance incontournable. Enquête sur une influence croissante.

Les horaires de prière à Casablanca pour le lundi 11 mai 2026
PRIÈRES MAROC

Article : Les horaires de prière à Casablanca pour le lundi 11 mai 2026

Voici les horaires de prière à Casablanca, la capitale économique du Maroc.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité