Istiqlal: Chabat reste, pas de convocation de congrès
Le Conseil National de l’Istiqlal réuni samedi 21 novembre a pris deux décisions.
Hamid Chabat termine son mandat et l'Istiqlal reste dans l'opposition sans pour autant s'allier au PAM.
Hamid Chabat plie mais ne cède pas.
Le Conseil National devait débattre de deux points, tous les deux au désavantage du secrétaire général: le bilan des élections d'une part, la désignation d'une commission de préparation d'un congrès devant se tenir fin décembre.
Les choses ne se sont pas passées comme ça.
Ce samedi matin, il y avait foule au siège de l'Istiqlal à Rabat. Les journalistes ont été refoulés donc la réunion s'est tenue dans un certain huis-clos. Le parti a tenu, toute la journée, un Conseil National où il y avait une tension sous-jacente mais où tout le monde a mis les formes.
La réunion a démarré normalement. 800 membres du Conseil National, sur un total de 1.020, étaient dans la salle au moment de l'ouverture. Le soir, au moment de la clôture, il n'en restait que 300 environ. Certains n'ont peut-être pas résisté à la tentation de suivre le classico Barça-Real.
Hamid Chabat a axé son discours sur le bilan des élections et l’a orienté de telle sorte que l’union autour de la direction actuelle doit apparaître comme une nécessité de survie.
Le parti est menacé, il dérange, il a des ennemis, il est victime de complots et de trahisons et malgré cela, il a obtenu un excellent score électoral et s’est même classé premier en nombre de sièges à la Chambre des Conseillers. Il est également second aux communales. Chabat ne s’attarde pas sur le recul marqué dans les grandes villes, ni sur la perte du fief de Fès. A part Fès, Chabat a tous les arguments du monde: la plupart de nos élus proviennent déjà du monde rural, seule une faible partie vient des villes, explique-t-il à son entourage.
C’est après le discours de Chabat que le signal est donné. Plus de 200 demandes de prises de parole sont enregistrées et les pro-Chabat y sont actifs, majoritaires et tiennent le même discours: il n’y a pas lieu d’élire une commission préparatoire à un congrès. Il faut attendre avril, la fin du mandat de Chabat et d'ailleurs dans les statuts, il y a une petite phrase qui évoque la convocation des congrès au mois d'avril.
Au sein du comité exécutif, la majorité qui est anti-Chabat est crispée, voire au bord de la crise de nerfs. On pensait à un match dur mais équilibré. En fait, la première mi-temps est nettement favorable aux thèses de Chabat: ne fixons pas de date pour un congrès; mais si on doit le faire, laissons-le pour avril ; et en tout état de cause, pourquoi élire une commission préparatoire? Laissons la direction en désigner les membres.
Telle était la tendance jusqu’à la mi-temps.
A 15H, levée de séance pour le déjeuner. A la reprise, c'est la même tendance: les trois quarts des interventions sont favorables à Chabat.
Après 80 prises de paroles, le comité exécutif de 24 membres, dont 18 supposés anti-Chabat, monte se réunir discrètement dans une salle à l'étage.
Vers 17H30, Toufiq Hejira, président du Conseil National annonce deux décisions qui ne font que constater la réalité du terrain:
-rendez vous en avril pour la convocation du congrès;
-l'Istiqlal reste dans l'Opposition mais ne s'alliera pas au PAM.
L'Istiqlal va donc faire le pari de renouveler ses instances à peu de mois des législatives. Hamid Chabat a de fortes chances de rempiler pour un second mandat.