Facebook a activé le “Safety check” pour Paris et pas pour Beyrouth?
Le réseau social a déclenché l’outil "Safety check" pour les attaques de Paris, mais pas la veille pour l'attentat de Beyrouth.
Dans la foulée des attentats du 13 novembre à Paris, Facebook a déclenché le dispositif "Safety check" (Contrôle d’absence de danger). L’outil permettant d’envoyer en un clic "je suis en sécurité" à tous ses contacts sur le réseau social a été utilisé par 5,4 millions d’internautes, selon un communiqué de Facebook.
La fonctionnalité s’est avérée d’une grande utilité car elle permet, dans un seul endroit centralisé, aux utilisateurs du réseau social de savoir si leurs proches sont sains et saufs. Les utilisateurs ayant des amis à Paris ont été informés de leur statut la nuit des attentats et lors du week-end. La fonctionnalité pour les attentats a été désactivée depuis.
Le dispositif, mis en place après le tremblement de terre de Haïti en 2011, a été créé au départ pour les situations de catastrophes naturelles. Il a été déployé par Facebook l’année dernière lors du tremblement de terre au Népal lors du mois d’avril, mais c’est lors des attentats de Paris que le géant des réseaux sociaux a déclenché pour la première fois l’outil suite à une attaque terroriste.
Si la décision d’instaurer le dispositif a fait le plus grand bien aux proches des habitants de la capitale française, elle a en revanche suscité l’indignation de nombreux internautes arabes, et surtout libanais. Ces derniers estiment que Facebook n’a pas accordé la même attention à la violence présente dans leurs villes.
La veille des attentats de Paris, un double attentat-suicide a eu lieu au Liban à Bourj El-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth. Un attentat qui a ôté la vie à 43 personnes, et fait 239 blessés. Les utilisateurs libanais se sont demandés alors pourquoi leur désastre n’a pas eu droit au même traitement par Facebook.
Le blogueur libanais, Joey Ayoub, n’a pas tardé à exprimer son indignation dans un post partagé plus de 10.000 fois. "Il y a eu deux horribles nuits. La première a ôté la vie à plus de 40 personnes à Beyrouth, la deuxième plus de 100 à Paris. Il me semble évident que la mort de mes compatriotes à Beyrouth n'a pas autant d'importance aux yeux du monde que celle de mes autres compatriotes à Paris."
Facebook est-il sélectif? Estime-t-il que la vie d’un Français est plus importante que celle d’un Libanais? Ou bien s’agit t-il d’une simple coïncidence?
Face à l’ampleur qu’a prise cette décision, le fondateur du réseau social, Mark Zuckerberg, a décidé de réagir sur son propre mur sur Facebook. Il explique que la fonctionnalité a été initiée, au début, seulement pour les catastrophes naturelles, et que "la décision de réactiver la fonctionnalité n’a été prise par Facebook que dans la nuit du 13 novembre". Simple coïncidence? Difficile de convaincre les internautes.
