Nakkouch dément “tout intérêt de Naréva pour Amendis”
En marge du forum Medays qui vient de se tenir à Tanger, le PDG de Nareva Ahmed Nakkouch a démenti tout intérêt de la filiale de la SNI pour le distributeur d’eau et d’électricité de Tanger et de Tétouan.
Alors que le dossier d’Amendis continue de faire l’objet d’âpres négociations entre le ministère de l’Intérieur, le gestionnaire délégué (filiale de Véolia) et la ville de Tanger, le PDG de Nareva Ahmed Nakkouch présent au forum Medays a démenti ce vendredi 13 novembre tout intérêt de sa compagnie pour le distributeur d’eau et d’électricité de Tanger et de Tétouan. «Ce n’est pas son métier,» a-t-il indiqué.
A la création d’Amendis en 2001, Nareva, ainsi que la Somed côté marocain, faisaient partie du tour de table du nouveau gestionnaire déléguée qui avait repris pour 25 ans la gestion de les régies de distribution d’eau et d’électricité des deux principales villes du Nord.
La Somed, société maroco-émiratie d’investissements était à l’époque dirigée par feu Mostafa El Sahel et l’ONA (future SNI) en était actionnaire à plus de 35% du capital.
Nareva était présente au premier tour de table d’Amendis
Cinq ans plus tard, Nareva et la Somed se retireront du tout de table, Véolia devenant actionnaire unique.
Le PDG de Nareva à l’époque, Saâd Bendidi justifiait la décision de retrait par la volonté de ne pas rester un actionnaire minoritaire passif aux côtés de Véolia. Il reconnaissait par ailleurs que Nareva avait “appris“.
Nareva, aujourd’hui filiale de la SNI, a été créée par le holding ONA pour développer les marchés de l’eau et de l’électricité. Nareva est aujourd’hui beaucoup plus impliquée dans la production d’électricité solaire comme à Ouarzazate, d’origine thermique à Jorf Lasfar avec JLEC ou éolienne à Nador où elle fournit la Sonasid.
A la lumière de la crise que vivent les relations d’Amendis avec ses clients depuis plusieurs mois et la poussée de protestations de ces dernières semaines, le nom de Nareva a ressurgi comme possible canal de sortie de crise.
Les protestataires sont plusieurs milliers chaque samedi soir dans les rues de Tanger notamment et ce samedi 14 novembre des rassemblements ont été organisés à Tanger, Tétouan, Mdiq, Fnideq et Martil.
Une solution en préparation
Depuis fin 2003, Véolia a voulu céder Amendis (Tanger et Tétouan) et la Rédal (Rabat-Salé). Le fonds d’investissement anglais Actis présent dans plusieurs pays africains s’était porté candidat. Mais la transaction n’a jamais eu lieu.
Outre l’opposition des conseils municipaux de Tanger et de Tétouan qui voyaient d’un mauvais Véolia et Actis traiter par-dessus leurs épaules entre fin 2013 et début 2014, Rabat n’a pas encouragé la vente par Véolia de ces actifs marocains aux Anglais d’Actis.
Les revendications de la rue et de responsables politiques de différents bords de «rompre le contrat de gestion déléguée avec Amendis» posent la question de l’alternative: une renégociation radicale du contrat liant Amendis et la ville de Tanger, l’entrée d’Actis et/ ou de Nareva dans le tout de table, ou la reprise de la gestion des régies par les communes. Mais ces solutions peuvent ne pas être les seules envisagées.
Cette semaine, tant des sources médiatiques que des milieux d’affaires marocains indiquent qu’ «une solution est en préparation pour la semaine prochaine». A Tanger, M. Nakkouch y a fait allusion vendredi tout en démentant l’intérêt de son groupe pour la reprise d’Amendis dont le contrat expire en 2025 et qui n’a fait l’objet d’aucune révision quinquennale depuis janvier 2002.