Carburants: “La libéralisation ne provoquera pas une réelle baisse des prix”
La libéralisation des prix des carburants entrera en vigueur le 1er Décembre. Said El Baghdadi, DG d'Afriquia, leader du marché, répond à nos questions.
Médias24: Quels seront les changements au niveau des prix à partir du 1er Décembre ?
-Le changement principal concernera la structure des prix qui est habituellement publiée par le gouvernement, ce qui n’est plus le cas.
Le ministère de tutelle ne publiera pas de référentiel de prix et l’Etat n’interviendra plus dans la fixation des prix, d’ailleurs le gouvernement marocain a arrêté son soutien au niveau de la caisse de compensation depuis une année.
Les prix locaux du marché du carburant vont dorénavant suivre la tendance internationale des prix. Le prix à la pompe sera composé du cours du pétrole sur le marché international auquel s’ajoutent des taxes et une marge de distribution qui offre très peu de marge de manœuvre pour les distributeurs.
-Y aura-t-il des modalités spécifiques pour fixer les prix, un prix plafond par exemple..?
-Il est possible que le gouvernement marocain fixe un prix plafond mais ce n’est pas encore clair. En tous les cas, si c’est fait, il faudra prendre en considération l’estimation des charges de distribution, du coût du stockage et évidemment le cours du pétrole.
-A part le cours du pétrole sur le marché mondial, les prix vont-ils dépendre d’autres facteurs?
-Les prix dépendront également de la concurrence.
Le consommateur se basera sur l’offre proposée par l’ensemble des distributeurs. Il jugera le prix en fonction des offres des distributeurs, des services annexes proposés autour du carburant, la qualité du produit et des services. C’est à ce niveau que la concurrence pourrait avoir un impact.
-On peut penser que la concurrence va entraîner une baisse des prix…
-Il n’y a pas de changements majeurs à prévoir. Nous ne nous attendons pas à des changements radicaux.
Les consommateurs seront de plus en plus exigeants dans le choix de leur enseigne, des stations de services, très vigilants également par rapports aux prix proposés puisqu’ils vont effectuer une comparaison avec d’autre stations.
La concurrence jouera davantage sur la qualité que sur le prix. La baisse ne dépassera pas quelques centimes dans le meilleur des cas, car les distributeurs ont une marge très faible.
De plus, depuis le 15 novembre, il y a une tendance haussière des cours mondiaux en vue. Il ne faut donc pas croire que le 1er décembre, les prix vont dégringoler dans les stations services.
- Les petits distributeurs sont-ils menacés d’une manière ou d’une autre?
-On ne peut pas parler de menace ou de disparition. Il y aura certainement de la place pour ceux qui délivrent une valeur pour le consommateur. Les distributeurs agiront, de leur côté, sur leur productivité, leurs moyens d’approvisionnement et de logistique. Mais c’est trop tôt pour parler de conglomérat ou d’absorption. La valeur du produit sera déterminée par la tendance mondiale, c’est la nouveauté majeure.
-L’arrêt de la Samir impacte-t-il l’activité d’Afriquia et du marché des carburants?
-Il n’y a pas eu la moindre perturbation à cause de cet arrêt. Les dispositions sont prises par Afriquia pour approvisionner le Maroc régulièrement sans aucun incident, que ce soit pour les produits destinés à l’industrie, à l’aviation ou les produits des consommateurs finaux.
Avec d’autres confrères, nous arrivons à subvenir aux besoins du marché. Que la Samir reprenne ou pas, le marché va s’adapter et il n’y aura pas de problèmes d’approvisionnement.
-Afriquia d’un stock de sécurité de combien de jours?
-Il y a des obligations réglementaires vis-à-vis de l’Etat marocain eu égard du stock de sécurité. Nous arrivons à maintenir nos stocks. Actuellement, nos provisions en stock de sécurité s’élèvent à 1 mois de couverture et peuvent aller jusqu’à 2 mois de couverture sans aucun souci.