Le Maroc et la France célèbrent le 60e anniversaire des accords de La Celle-Saint-Cloud
Signés le 6 novembre 1955, les accords de La Celle-Saint Cloud ont mis fin à l'exil de feu Mohammed V et initié le processus de transition vers l'indépendance.
Le Maroc et la France ont célébré, mardi 10 novembre à Paris, le 60e anniversaire des accords de La Celle-Saint-Cloud, en présence du Prince Moulay Rachid.
Le dîner de célébration a été marqué par un discours du Roi Mohammed VI, dont lecture a été donnée par le Prince.
Dans son discours, le Roi a affirmé que la célébration du soixantième anniversaire des accords de la Celle-Saint Cloud fait partie des moments qui marquent la riche histoire et qui soulignent la spécificité des liens forts qui unissent les deux pays.
C'est à La Celle-Saint Cloud, en effet, que des hommes d'exception marocains et français ont su ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre le Maroc et la France, a rappelé le Souverain.
Le Roi a en outre relevé que l'amitié entre les deux pays devrait être toujours capable de se réinventer, pour rester en phase avec les évolutions que chacun des deux pays est en train de vivre, et pour relever ensemble des défis du 21e siècle, notant que le Maroc et la France devront continuer d'avancer unis et d'exploiter leur intelligence collective pour apporter des réponses innovantes, aux grands questionnements qui interpellent la communauté internationale.
De nombreuses personnalités ont été conviées à ce dîner dont le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Salaheddine Mezouar, l'ambassadeur de France à Rabat, Jean-François Girault, et l'ambassadeur du Maroc à Paris, Chakib Benmoussa.
Les accords de La Celle-Saint-Cloud, début du processus de transition vers l'indépendance du Maroc
Le 6 novembre 1955, feu Mohammed V et le président du Conseil des ministres français, Antoine Pinay, s'étaient rencontrés au château de La Celle-Saint-Cloud.
Lors de cette rencontre, Antoine Pinay avait exposé au Sultan les principes généraux de la politique du gouvernement français visés par le communiqué du Conseil des ministres du 5 novembre 1955.
Feu Mohammed V avait confirmé son accord sur ces principes et avait, en accord avec le gouvernement français, chargé le Conseil du trône, institué le 17 octobre 1955, et démissionnaire de ses fonctions le 3 novembre 1955, de continuer à gérer les affaires courantes du pays.
Le Souverain avait aussi confirmé sa volonté de constituer un gouvernement marocain de gestion et de négociation représentatif des différentes tendances de l'opinion marocaine. Ce gouvernement avait notamment pour mission d'élaborer les réformes institutionnelles pour faire du Maroc un Etat démocratique à monarchie constitutionnelle, de conduire avec la France les négociations destinées à faire accéder le royaume au statut d'Etat indépendant uni à la France par des liens permanents d'une interdépendance librement consentie et définie.
Feu Mohammed V et Antoine Pinay étaient d'accord pour confirmer que la France et le Maroc doivent bâtir ensemble, et sans intervention de tiers, leur avenir solidaire dans l'affirmation de leur souveraineté par la garantie mutuelle de leurs droits, ceux de leurs ressortissants et dans le respect de la situation faite par les traités aux puissances étrangères.
(Avec MAP)