The Atlantic dialogues: en 2050, 60% des terres arables se trouveront en Afrique
Pour sa 4e édition, The Atlantic dialogues a réuni, du 30 octobre au 1er novembre, plus de 300 participants d’une cinquantaine de nationalités. Cette année, plus de la moitié d’entre eux sont venus d’Afrique et d’Amérique du Sud. La première table ronde qui fut animée a eu pour thème "qu’est-ce que la prospérité?". Reportage.
Deux organisateurs portent cette conférence, OCP policy center et le German Marshall fund of the United States. Objectif cette année: mettre en avant un changement notable dans les relations transatlantiques longtemps vues à travers le prisme des pays du Nord.
Désormais, il faut compter avec l’Afrique et l’Amérique latine, que ce soit sur un plan économique ou géopolitique. Et les représentants de ces différents pays entendent bien se faire entendre. Dans ce but, ils sont venus nombreux cette année.
La première table ronde, organisée après les allocutions de bienvenue d’usage, a permis un vrai dialogue entre la salle et les intervenants, comme le ministre marocain du Tourisme, Lahcen Haddad, la présidente d’Action Citizens, Marta Lucia, venue de Colombie, le ministre Mark Brantley, représentant les Caraïbes ou Christian Leffler, du Parlement européen.
Le sujet, il est vrai, était vaste: quelle prospérité demain? Tous sont tombés d’accord sur un point. La prospérité n’est pas simplement la richesse. C’est le bien-être de l'humain, lequel passe par la dignité. L’actualité, avec le sort réservé aux réfugiés syriens était sur toutes les lèvres…
Tout comme un autre sujet fort de l’actualité: le climat. "De quelle prospérité parlons-nous, lance un intervenant, si une vague peut engloutir une ville entière et faire des centaines de victimes?" Certes, le sommet de Paris, en décembre, devrait déboucher sur des conclusions concrètes: "Il le faut, car cela fait des années que l’on parle et qu’il ne se passe pas grand-chose", remarque Christian Leffler.
Mais la prospérité, c’est aussi une démocratie stable et une lutte permanente contre la corruption. Cette question essentielle a été soulevée fermement et calmement par Marta Lucia.
Pour la salle, et ils furent plusieurs intervenants à le souligner, pas de prospérité, par ailleurs, sans création de valeurs partagée, sans création d’emplois. Or, l’Afrique souffre d’un mal profond: trop de pauvreté, trop de jeunes au chômage. Pour eux, la prospérité n’est qu’un mot qui ne veut pas dire grand-chose dans leur quotidien. La prospérité n’a de sens que si elle s’accompagne de la lutte contre l’exclusion.
Et le mot de la fin revient à un intervenant dans la salle: "Trouvez-vous logique que l’on parle sans cesse de circulation des produits, mais que la liberté de circulation des populations n’existe pas vraiment?" Une question qui ne concerne pas simplement les migrants, mais aussi tous ceux qui cherchent à fuir la misère…
A noter: a également été abordé lors de ces trois jours la question de la production alimentaire sur le continent africain, alors qu’en 2050, 60% des terres arables dans le monde se trouveront sur ce continent. La "révolution verte" et les avancées technologiques ont aussi été soulevées par les parties prenantes.