Lahcen Haddad: “La baisse des arrivées touristiques ne dépassera pas 2% en 2015”
Sur les huit premiers mois de l’année 2015, le secteur du tourisme a enregistré une baisse de 1% des arrivées de touristes étrangers et de 6,9% du nombre de nuitées.
Lahcen Haddad ne prévoit pas d’aggravation de cette tendance baissière à la fin de l’année 2015.
Selon les derniers indicateurs, la crise du tourisme ne se réglera pas d’ici la fin de l’année en cours même si le Maroc a plutôt bien résisté à la désaffection de certains marchés émetteurs.
Les tableaux de bord publiés mardi 20 octobre par l’observatoire du tourisme montrent que certains de ces marchés ont fortement chuté alors que d’autres ont progressé.
Entre janvier et août 2015, les touristes français qui constituent le 1e marché étranger du Maroc ont réduit leurs arrivées de 8% et leur nombre de nuitées de 23%.
Fort heureusement, il y a eu un effet de compensation des marchés anglais (+6% des arrivées et -2% des nuitées) et allemand (+9% et +20%) qui ont limité la baisse réalisée dans d’autres destinations.
Dans une déclaration à notre rédaction, le directeur général de la Royal Air Maroc prévoyait une forte régression du secteur en affirmant que l’hiver serait très froid pour le tourisme marocain.
Joint par Médias 24, le ministre du Tourisme se veut plus rassurant mais ne conteste pas qu’il existe quelques inquiétudes "ici et là" en la matière.
Sans contredire formellement Driss Benhima, il se dit incapable de confirmer son pessimisme sur l’ampleur de la crise.
"Il n’y a pas pour l’instant de frémissement positif, mais au regard des amalgames qui perdurent en Europe, le Maroc s’en sort plutôt bien car on aurait pu faire bien pire."
A la question de savoir si l’année 2015 se terminera sur une baisse à deux chiffres (arrivées ou nuitées), Lahcen Haddad répond que les chiffres des huit 1e mois de l’année (-1% d’arrivées et -6,9% des nuitées) montrent une bonne résistance à l’actualité régionale impactant le secteur.
Le ministre explique cette résilience par le fait que le Maroc est le seul pays du monde arabe qui dispose de fondements solides, d’un bon produit touristique et surtout d’une destination stable.
"Le Maroc souffre indéniablement de la désaffection du marché français mais nous finirons par rebondir. Je pense qu’à la fin de l’année, nous atteindrons un peu plus de 10 millions de touristes mais avec une baisse des arrivées aux postes frontières comprise entre 1 et 2% par rapport à 2014."
Concernant la crédibilité de la vision qui prévoit d’accueillir 20 millions de touristes en 2020, le ministre fait preuve de prudence en refusant de confirmer la concrétisation de cet objectif.
"Nous sommes sur la bonne voie car nous ne cessons d’augmenter nos capacités d’accueil mais il faudra dépasser la période actuelle de turbulences pour renouer avec la croissance des arrivées."
"Il est difficile de confirmer si nous parviendrons à capter 15 ou 20 millions de touristes dans cinq ans. Nous procédons actuellement à une évaluation de mi-parcours de la vision 2020 et ce n’est qu’après ce processus que nous serons en mesure d’actualiser l’objectif de 20 millions de touristes."
Selon le ministre, l’offre actuelle est d’ores et déjà capable de loger 15 millions de touristes étrangers de séjour (TES) grâce au taux actuel de remplissage des hôtels (45%) qui permet déjà d’accueillir 10 millions de touristes par an. Avec les 55% restants, le Maroc disposerait d’une capacité d’accueil d’au moins 15 millions de personnes.