MHE: “Le délai de production de l'information au Maroc est trop long”
Portant la casquette de ministre après avoir porté celle d'entrepreneur, Moulay Hafid Elalamy fait part à Médias 24 de son appréciation de la qualité de l'information officielle au Maroc.
En marge de la cérémonie de célébration de la journée mondiale de la statistique, Médias 24 a rencontré Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Economie numérique, qui est également fondateur du groupe Saham et qui a présidé la CGEM. Ces deux casquettes le placent dans le circuit de l'élaboration et de l'utilisation de l'information. Il nous fait part de son appréciation.
Lors de la séance d'ouverture, s'exprimant sur la valeur de l'information, le ministre a plaidé pour un meilleur accès aux données statistiques. "Nous devons partager nos informations, malgré le fait que certaines d'entre elles revêtent un caractère sensible. Il est toutefois possible de les agréger et de les communiquer", a déclaré Moulay Hafid Elalamy. Et d'ajouter: "Les statistiques fiables et vérifiées permettent d'assurer et de rassurer les investisseurs, de garantir le suivi des réalisations et de développer les outils d'ajustement."
Dans cette configuration, la garantie du droit d'accès à l'information est primordiale. Souvenez-vous, en juillet 2014, un avant-projet de loi censé concrétiser le droit d'accès à l'information a suscité une grande indignation au sein de l'opinion publique. Et pour cause, ce texte conditionnait l'accès à l'information à l'usage qui en est fait.
Tout autre usage de cette même information exposeait l'auteur à des sanctions pouvant aller jusqu'à la peine d'emprisonnement. Cela encourage-t-il la transparence? Le ministre de l'Industrie estime que "dans un environnement mondialisé, il faut être prudent face à l'usage qui est fait de l'information" et nuance, en parlant du draft proposé par le ministère de la Communication, "l'avant-projet sur le droit d'accès à l'information n'est pas figé."
Actuellement, en l'absence d'une loi qui définit clairement les modalités pratiques d'accès à l'information, les différents acteurs, principalement économiques, regrettent la lenteur du rythme de production des statistiques et données économiques.
"Le problème de l'information en statistiques, c'est que vous conduisez en regardant le rétroviseur... Il faut du temps pour pouvoir la traiter", confie M. Elalamy. "Le Haut commissariat au plan fait un travail colossal pour réduire ce temps de latence. Mais pour moi, ce délai reste trop important", conclut MHE.
Moulay Hafid Elalamy a mis en place 3 observatoires chargés de la veille et de la collecte des données statistiques. L'Observatoire marocain de l'industrie, arrivé actuellement au stade de maturité avancée, l'Observatoire marocain du commerce et de la distribution qui est en phase de pré-amorçage, et finalement l'Observatoire marocain des technologies de l'information et de la communication, qui est actuellement en phase de démarrage, et dont la première enquête est en cours de réalisation.