Un élu istiqlalien du nord interpellé par la Justice
L’élu istiqlalien de Larache Mohamed Saoud a été interpellé mardi 13 octobre à la demande de la justice. Il avait mené la liste de l’Istiqlal aux élections régionales le 4 septembre dernier.
Cette interpellation ferait suite à plusieurs plaintes déposées dans une affaire de promotion immobilière dirigée par l’élu, indiquent des sources de presse régionales. La nouvelle a été confirmée au conseil de région, ce mercredi 14 octobre.
Au conseil de la ville de Tanger, ce mercredi matin, la nouvelle, bien que connue, n'était pas très commentée, "dans l’attente de plus amples détails", a indiqué un élu du PJD à Médias 24.
Cette affaire intervient après les démêlés de Rachid Talbi Alami (RNI) avec ses ouvriers de la confection, et de Youssef Benjelloun (PJD), soupçonné par la justice d’usage d’argent lors des dernières élections professionnelles.
Ce dernier est un transfuge qui émargeait précédemment au RNI. Elu à la chambre des pêches, il a été recalé aux élections à la chambre des conseillers.
Impact négatif
Ces affaires, quoique différentes, impactent négativement l’image des politiques et la conduite des affaires régionales.
Hormis le dernier épisode laborieux et par ailleurs contesté des élections à la deuxième chambre, le cycle électoral 2015 qui s’est achevé mardi avec l’élection de Hakim Benchammas à la deuxième chambre s’est dans l’ensemble passé de manière loyale.
Cependant, les ministères de l’Intérieur et de la Justice poursuivent leurs investigations.
Alors que les institutions régionales dans leur nouvelle version se mettent en place, les soupçons qui pèsent sur le 1er vice-président istiqlalien de l’une des principales régions du pays auront un impact négatif.
La crédibilité de l’institution régionale va en pâtir dans un premier temps, alors qu’il reste difficile parfois de convaincre l’opinion publique de la "noblesse" et/ou de la "justesse" de l’action politique.
L’image de politiques fraudeurs, corrompus et corrupteurs se renforce. Dans une phase positive et fragile de transition et de renforcement des institutions constitutionnelles, cela n’est pas sans présenter de risques.
Mohamed Saoud, par sa mise en cause, touche aussi directement à la force de la présidence régionale exercée par le numéro 2 du PAM Ilyas El Omari. Outre son rôle national, El Omari dirige au niveau régional avec l’appui du PI, du RNI et de l’UC.
Le Région fragilisée?
Les prochains rendez-vous de l’institution régionale qui doivent être consacrés à la discussion du budget 2016 risquent désormais d’être consacrés à la discussion de règles éthiques et à la consolidation d’une majorité. Cela risque de s’avérer nécessaire.
Quoique assez large avec plus de 40 voix sur les 63, la majorité reste fragilisée par le comportement de certains de ses membres. Les déboires de Mohamed Saoud suscitent de fortes interrogations sur les processus de sélection par le PI de ses candidats et par le PAM régional de ses alliés politiques. Mohamed Saoud est membre du comité exécutif du PI.
La discussion à venir de règles éthiques minimales ne sera pas du temps perdu tant le blanchiment d’argent de la drogue et la promotion immobilière véreuse se confondent parfois avec l’action politique au Nord depuis plus de 25 ans.