Neila Tazi, meilleure idée politique de l’année 2015?
L’élection de Neila Tazi en tant que conseillère à la deuxième chambre sur la liste de la CGEM puis sa candidature à la présidence lui ouvrent peut-être de nouvelles voies. Quelle que soit l'issue de cette candidature, maintenue ou retirée, elle a fait connaître la candidate, et a mis en avant à la fois la parité et la CGEM.
«On en discute tous les jours et on fait un point tous les jours,» indique à Médias 24 une source proche du patronat.
Il n’y a pas d’angélisme excessif à avoir en politique mais la nouvelle de l’élection de Neila Tazi sur la liste de la confédération patronale marocaine constituait déjà une première victoire importante.
Du cafetier à Essaouira à des acteurs économiques et culturels casablancais ou rbatis, les messages de soutien et de félicitations affluent depuis son élection.
La Casablancaise et fondatrice du festival d’Essaouira porte en elle des valeurs d’initiative et d’intérêt pour la chose publique. Compétence, intégrité et immense ouverture culturelle forment le socle de sa personnalité.
Une chance pour la Chambre des conseillers
L’émergence de sa candidature pour la présidence de la Chambre des conseillers est un signe de la vitalité sociale et politique marocaine.
«On veut marquer notre entrée dans la chambre et montrer que nous ne sommes pas fermés dans des schémas ; nous sommes des gens des gens crédibles», indique notre source qui souhaite garder son anonymat au moins jusqu’au dépôt officiel des candidatures mardi prochain.
Le champ du politiquement possible s’élargit. Au lendemain du 4 septembre dernier, un maire PJD qui déclarait que son parti «est ouvert à toutes les expériences et à tous les choix».
«Nous voulons donner du crédit aux figures politiques, sortir du discours négatif. Il faut que ça change; on veut plus d’entrepreneurs et plus de femmes».
A la Chambre des conseillers, seuls 14 conseillers sur un total de 120 sont des … conseillères; cela a naturellement déçu dans nombre de milieux politiques. La moitié des Marocains sont des … Marocaines.
Les résultats à la chambre des conseillers ont dégagé un groupe de 24 élus pour l’Istiqlal, 23 pour le PAM, 12 pour le PJD, 10 pour le MP et huit pour le RNI et la CGEM. 19 partis politiques, syndicats et un groupe de SAP disposent d’une représentation au sein de la Chambre des conseillers.
Neila Tazi peut compter dans son éventuelle bataille politique d’ici le mardi 13 octobre sur des voix RNI, PPS, PJD outre les huit voix de la CGEM, celles de certains syndicats et les voix des femmes. Ceci, si la Majorité ne présente pas son propre candidat. Aucune option, aucun choix n’est à écarter. Le vote des 120 élus de la chambre des conseillers se déroule à bulletin secret.
Que le PAM et le PI finissent par se rallier à la candidature de Neila Tazi constituerait une démarche positive. On ne peut d’ailleurs écarter qu’une partie des élus PAM ou PI votent en sa faveur. Si elle se présente et si les élus voient l’intérêt et la portée de cette candidature au-delà des étiquettes.
Face à Hakim Benchamas ou Abdessamad Qayouh, chaque candidat a ses qualités et ses défauts. Les qualités d’une Neila Tazi et la portée de sa candidature vont largement au-delà d’une bataille de comptabilité de postes entre partis. Il s’agit de faire de la politique autrement et autrement plus efficace.
Avant que l’actuelle Chambre des conseillers ne démarre ses travaux, 26 candidats et élus du PAM, du PI, du PJD et du RNI principalement sont déjà poursuivis pour corruption et d’achat des voix. A tel point que des responsables demandent purement et simplement la dissolution de la chambre des conseillers «source de corruption».
Une candidature d’excellent niveau
Depuis 15 ans, Neila Tazi symbolise le succès du festival gnaouas d’Essaouira devenu une entreprise nationale et internationale de premier plan.
Fille de diplomates et analystes à la Banque mondiale, et ancienne étudiante en management et en communication, Neila Tazi est, à Essaouira, Casablanca ou à Paris, comme un poisson dans l’eau.
Elle symbolise le concept humble, efficace mais ambitieux du «penser globalement et agir localement». Neila Tazi représente aujourd’hui une image de la Marocaine en prise avec les réalités de son terrain.
Le Roi a déclaré vendredi dernier qu’«il fallait parachever au plus vite les institutions constitutionnelles». On peut estimer que la candidature et l’éventuel succès de Neila Tazi entre dans cet ordre des choses. Cette candidature est une bonne nouvelle et une chance.