Ilyass El Omari: “C'est M. Bakkoury qui m'a imposé d'être candidat”
Ilyass Elomari a parlé. L’énigme vivante qui ne laisse personne indifférent, a effectué sa première grande sortie médiatique depuis les élections, jeudi soir sur Médi1 tv. Sur le PAM, sur son propre avenir politique, sur la présidence de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima…
L’homme fut égal à lui-même. Un bon débatteur, mais au final, on sort avec l’impression de ne pas savoir ce qu’il a vraiment en tête. Veut-il diriger le PAM? On n’en saura rien. Que compte-t-il faire à la tête de la région? On n’en saura pas grand-chose.
Voici un verbatim sélectionné par nos soins:
>La contre-vérité du jour:
Question: puisque le PAM affirme avoir gagné les élections, pourquoi a-t-il publié le 4 septembre, avant la publication officielle des résultats, un communiqué qui prépare l’opinion à une défaite puisqu’il condamne les violations qui ont entaché selon lui les opérations électorales?
Réponse : Ilyass El Omari nie à plusieurs reprises. Au début, il avance que le communiqué a été publié après la diffusion de 80% des résultats par le ministère de l’Intérieur. Or, le communiqué du ministère a été publié vers 01H00.
Qu’à cela ne tienne: El Omari change son fusil d’épaule. Le communiqué du PAM a été publié à l’issue de la réunion des chefs de l’opposition, tenue dans la soirée au siège de l’USFP. C’est également faux.
Médias 24 est en mesure d’affirmer et de prouver que le communiqué du PAM a été publié entre 20H30 et 21H33. Ci-dessous, le fac similé du communiqué qui a effectivement des allures alarmistes. Il demande l’ouverture d’une enquête judiciaire concernant les violations graves qui selon lui ont entaché les opérations de vote dans de nombreuses villes et qui “assassinent la démocratie“. Le communiqué annonce le dépôt par le PAM d’une multitude de recours judiciaires.
Pour El Omari, il s’agissait uniquement d’un communiqué d’avertissement. Nos lecteurs jugeront.

>L’élection de Ilyass El Omari à la tête de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima :
“Je n’avais pas du tout l’intention d’être candidat. C’est une décision du secrétaire général que j’ai acceptée“, explique sans rire l’homme fort du PAM.
“J’ai été surpris par la décision du secrétaire général. J’aurais pu dire non, mais je me suis abstenu, de peur que d’autres membres du bureau politique suive mon exemple et refusent également de se présenter“.
>Le programme à la tête de la région:
“Lorsque j’ai pris connaissance des indicateurs socio-économiques de la région, j’ai été effaré. Et j’aurais préféré ne pas avoir été élu, tellement la situation est catastrophique. En ce qui concerne le programme, ce qui est certain, c’est que nous sortirons des villes, pour aller vers la périphérie“.
>Le PAM:
“J’ai demandé un congrès extraordinaire, en tant que président de la commission électorale, pour présenter mon rapport. Si on constate que j’ai échoué, je présenterai ma démission en tant que président de cette commission. Dans une dizaine de jours, nos instances dirigeantes tiendront une réunion interne pour évaluer les élections. Nous ne savons pas encore si je présenterai mon rapport au Conseil National, ou si nous tiendrons un congrès extraordinaire. De toutes manières, le congrès ordinaire doit se tenir au plus tard en février 2016. Jusqu’à présente, je ne compte pas me présenter au secrétariat général.“
Question: où peut s’arrêter l’ambition politique d’Ilyass ?
Réponse: "Je n’y pense même pas. Après une campagne épuisante, je n’ai qu’une envie, me reposer".
>Ilyass El Omari touchant:
On lui tend une perche: si vous étiez un vrai leader politique, vous ne vous seriez pas présenté dans un douar où 148 voix vous ont suffi pour vous faire élire?
Réponse, avec de forts accents de sincérité et d’émotion: "Si j’avais su que l’on parlerait autant de ce douar, j’y serais allé plus tôt. Je suis content que l’on parle de cette commune marginalisée, la commune Nkor et de ce douar Mnout."
"D’abord, il ne s’agit pas de n’importe quel lieu, il a un grand passé et une belle histoire, c’est là bas qu’a été créé le premier émirat musulman dans la région, l’émirat Bni Salah à Oued Nkor."
"Ensuite, c’est symbolique, une réconciliation avec moi-même. J’ai aidé beaucoup de communes et de régions à travers le Maroc et j’ai évité de le faire dans l’endroit où je suis né pour éviter les accusations de clientélisme et de népotisme."
"Enfin, dans ce douar, j’ai présenté ma candidature aux communales. Mais pour les régionales, j’étais tête de liste à Al Hoceima où nous avons obtenu 45.000 voix, le plus fort taux de tout le teritoire national".
Enfin, il rappelle à un autre moment, son "enfance malheureuse", juste en passant.
>Le PJD:
1. Le PJD a-t-il gagné les élections? "Non. Pour les grandes villes, il a obtenu 950.000 voix sur 2.5 à 3 millions de voix urbaines exprimées. Donc, il faut relativiser. Ensuite, l’élite n’a pas voté PJD, regardez Hay Riad Agdal à Rabat, où 70% n’ont pas voté pour lui. Ce sont les quartiers périphériques qui ont voté pour le PJD, les ceintures urbaines de pauvreté, là où il y a l’échec scolaire, la criminalité, la drogue, le chômage et où l’autorité centrale peut exercer un rôle directif."
2. Le PAM, un parti récent? "Le militantisme de ses membres, leur ancrage dans l’action politique remonte à au moins quarante ans. Il est vrai que pour le PJD, il remonte à Mohamed Ibn Abdelwahab (ndlr: fondateur du wahabisme saoudien]".
3. Le PJD [qu’il ne désigne pas nommément], "est un parti qui a une interprétation particulière de l’Islam".
4. Le maire de Tanger PJD est "mon ami", le PJD et moi allons bien coopérer au conseil de région pour défendre les intérêts de toute cette zone.
>Edition: Le parti aura son propre journal, il s’appellera Tamaghrabit.