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L'hôpital Cheikh Khalifa veut devenir l'un des centres les plus importants d'Afrique

Il accueille chaque semaine quelque 1.500 patients. Six mois seulement après son ouverture, l'établissement jouit déjà d'une certaine reconnaissance.

L'hôpital Cheikh Khalifa veut devenir l'un des centres les plus importants d'Afrique
Amine Belghazi
Le 29 septembre 2015 à 11h20 | Modifié 29 septembre 2015 à 11h20

La qualité des prestations est le principal ingrédient de cette réussite. Médias 24 a rencontré le Pr. Mhamed Harif, directeur général de l'hôpital Cheikh Khalifa. Il nous explique les raisons du succès.

En chiffres, l'hôpital Cheikh Khalifa accueille actuellement quelque 1.500 patients par semaine, près de 30.000 depuis son ouverture en mars 2015.

Une affluence importante au vu de la communication qui a accompagné ce projet. En effet, tout ou presque s'est fait de bouche-à-oreille, ainsi en a décidé le management.

"La phase de lancement est une étape décisive dans la vie de n'importe quelle entité", nous déclare le professeur Harif qui explique: "si nous avions opté pour une communication destinée au grand public, nous aurions sans doute eu du mal à proposer le même niveau de qualité que celui que nous proposons aujourd'hui. Nous aurions risqué, si nous avions communiqué autrement, d'être dépassés par l’afflux massif des patients, et ce, malgré la grande capacité d'accueil dont nous disposons. Cela signifie qu'il est nécessaire de mettre le train en marche avant d'atteindre la vitesse de croisière."

Le casting, l'un des secrets de réussite

En termes de compétences, l'hôpital Cheikh Khalifa dispose de médecins et spécialistes confirmés. Un casting minutieux qui accompagne l'ambition de la direction de l'hôpital de devenir l'un des centres les plus importants d'Afrique en matière de soins médicaux.

Le DG nous dévoile son secret: "A l'hôpital Cheikh Khalifa, nous utilisons tous les moyens possibles pour avoir le soutien des meilleurs collaborateurs. Nous faisons appel à nos réseaux professionnels, recourons aux compétences internationales, et recevons également des candidatures spontanées."

A cette concentration de spécialistes confirmés, s'ajoute le mode de fonctionnement en interne. En effet, les médecins de l'hôpital Cheikh Khalifa organisent régulièrement des réunions de concertation pluridisciplinaires, comme nous l'explique le Dr. Abdellali Bouamama, médecin spécialiste en radiologie interventionnelle: "Pour davantage d'efficacité, nous travaillons souvent en comité de médecins, surtout lorsqu'il s'agit de cas complexes ou lorsqu'il s'agit d'une pathologie cancéreuse. Il arrive parfois que deux médecins aient un avis différent concernant un même cas. Nous procédons dans ce cas à un ensemble de tests qui permettent de déterminer quelle piste choisir."

Il est à noter également que si le niveau de facturation des prestations équivaut à celui pratiqué habituellement dans les cliniques privées, à l'hôpital Cheikh Khalifa, la rémunération des médecins n'est pas aussi importante. "Certains centres privés proposent des excédents d'honoraires aux médecins. A l'hôpital Cheikh Khalifa, ce n'est pas le cas; nous jouons la carte de la transparence, et les médecins en sont conscients", nous déclare le Pr. Harif.

Rappelons que le Pr. Mhamed Harif, qui occupait la direction du CHU Mohammed VI de Marrakech, a pris les rênes de l'hôpital Cheikh Khalifa après la démission de l'ancien directeur général le Pr. Charif Chefchaouni Al Mountassir en avril 2015.

La migration d'une structure publique vers une structure privée ne s'est pas faite sans peine. "La première différence que j'ai constatée entre le management des deux établissements réside dans la gestion des ressources humaines", explique le Pr. Harif. "On constate de prime abord que la gestion dans le secteur privé est relativement simple, contrairement à la gestion du personnel dans les CHU, qui reste conditionnée par le respect de plusieurs formalités."

Il faut comprendre par là que la réactivité n'est pas la même. Toutefois, le directeur général de l'hôpital ne cache pas son inquiétude: "la gestion dans le secteur privé présente des risques de perte de certains principes éthiques."

Dans un autre registre, et concernant les profils de patients qui fréquentent l'hôpital, la direction générale regrette la très faible présence de patients Ramedistes. "Nous avons admis 4 ou 5 patients couverts par le Ramed depuis l'ouverture de l'hôpital, et il s'agissait de cas médicalement complexes", confie notre source, et de dévoiler: "nous sommes actuellement en train d'élaborer, avec plusieurs partenaires, des structures de financement des soins au profit des personnes économiquement démunies. Nous nous dirigeons vers la création d'une caisse qui sera alimentée par les donateurs, et sommes également en train de négocier des conventions avec des association caritatives spécialisées dans le traitement de certaines pathologies."

A l'heure actuelle, l'hôpital est en train se préparer à l'arrivée des premiers stagiaires issus de la faculté de médecine de l'Université Mohammed VI des sciences de la santé. "Les étudiants de troisième année devront passer des stages hospitaliers obligatoires à partir de l'année prochaine à l'hôpital Cheikh Khalifa, et à l'hôpital de Bouskoura qui est actuellement en cours de construction par la fondation Cheikh Khalifa", nous confie le Pr. Harif.

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Amine Belghazi
Le 29 septembre 2015 à 11h20

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