9 partis politiques envisagent de se rendre à Stockholm mercredi 30 septembre
Le top management du PJD-RNI-MP-PPS-USFP-PI-PAM-UC-PSU a programmé un voyage urgent à Stockholm dès demain pour convaincre le gouvernement suédois de ne pas reconnaitre la "rasd".
C'est la course contre la montre pour empêcher la reconnaissance de la "rasd" par la Suède. Même si cette éventualité est envisagée depuis 2012, la récente arrivée aux affaires d’un gouvernement favorable aux thèses séparatistes fait craindre qu’elle ne se propage à d’autres pays nordiques.
Nabil Benabdellah: "L’heure est grave"
Joint par notre rédaction, Nabil Benabdellah, chef de file du PPS, confirme que "l’heure est grave" et qu’il faut réagir rapidement à l’éventualité d’une reconnaissance diplomatique suédoise de la "rasd".
Afin de contrecarrer cette offensive contre la cause nationale marocaine, le ministre avance que les huits partis représentés au parlement ainsi que le PSU ont décidé de se rendre d’urgence à Stockholm pour rencontrer les forces politiques suédoises et certains officiels du gouvernement socialo-écologique.
«Si les grands partis marocains réagissent, cela ne manquera pas de faire réagir ceux qui veulent mettre à mal notre souveraineté nationale. Nous espérons que nos interlocuteurs prendront conscience du fait que le Sahara est une ligne rouge que personne ne peut franchir».
Le ministre poursuit cependant que ce voyage n'est pas totalement calé en ce qui concerne la date et le programme précis.
Interrogé sur le blocage de l’ouverture du magasin suédois Ikéa, Nabil Benabdllah déclare que c’est un simple hasard du calendrier qui s’inscrit dans la défense des intérêts supérieurs de la nation.
«Sur ce dossier, nous n’avons eu d’autre choix que de prendre des mesures de rétorsion économiques. Si le Maroc ne réagit pas fermement et rapidement à l’imminence d’une reconnaissance suédoise, d’autres pays nordiques pourraient lui emboiter le pas».
Selon une autre source autorisée, le Maroc ne veut pas faire fuir les investisseurs étrangers mais quand il en va de l’intérêt national, les entreprises suédoises passent après la cause sacrée du pays.
«S’il le faut, nous mettrons en œuvre un embargo pour toutes les entreprises suédoises qui opèrent au Maroc. Même si ces sociétés sont privées, elles rapatrient une partie de leurs bénéfices en Suède. Cela poussera le gouvernement à agir avec plus de retenue sur le dossier du Sahara marocain».
Notre interlocuteur poursuit que,le Maroc n’a pas d’autre choix pour protester que de s’attaquer au volet économique maroco-suédois. «Nous ne pouvons nous contenter de publier des communiqués de presse de notre ministère des affaires étrangères pour dénoncer la position suédoise, nous devons aller plus loin pour montrer notre détermination sur le dossier de notre Sahara».
Cette course contre la montre a pour but d’empêcher une reconnaissance par la Suède qui traîne depuis 2012. Avec l’arrivée en 2014 du gouvernement suédois socialo-écologique favorable aux thèses séparatistes, cette menace se précise d'autant plus que le Maroc ne dispose même pas d'un ambassadeur sur place depuis près d'un an.
Driss Lachgar: "Mission difficile mais pas impossible"
D’entrée de jeu, le premier secrétaire de l’USFP confie à notre collègue d’Al-Majalla24 que le travail de persuasion sur place va être compliqué pour les partis politiques marocains se rendant à Stockholm.
«D’ordinaire, la Suède est un pays difficile en termes de négociations mais ce qui va compliquer la donne est que le nouveau chef du gouvernement socialo-écologiste a fait sienne la volonté parlementaire initiée de reconnaître la rasd».
Driss Lachgar poursuit que son parti a souvent affronté la gauche suédoise au sein de l’Internationale socialiste sur la question de l’intégrité territoriale du Maroc mais sans succès car la société civile suédoise est majoritairement pro-polisario.
«D’ici à décembre prochain, l’USFP sera présente à huit rencontres internationales avec la présence des Suédois que nous ne manquerons pas d’essayer de ramener à de meilleurs sentiments».
Mehdi Bensaïd: "La Suède ne peut pas profiter du Maroc et lui planter un couteau dans le dos"
En mission au parlement européen de Strasbourg, le président de la commission des affaires étrangères a d’ores et déjà pris des rendez-vous avec des membres de la délégation parlementaire suédoise pour mieux comprendre le débat national qui se passe actuellement chez eux.
«Leur position qui profite au Polisario n’est pas nouvelle mais il nous importe de savoir s’ils sont assez obtus pour aller jusqu’à la reconnaissance diplomatique qui n’est toujours pas actée».
Mehdi Bensaïd avance que dans tous les cas de figure, le Maroc pourra compter sur ses alliés européens pour tâcher de convaincre le gouvernement suédois de faire machine arrière.
A la question de savoir si des mesures de rétorsion économique sont souhaitables pour peser sur la future décision suédoise, le député confirme que c’est une voie plus qu’envisageable.
«Notre message doit être clair car la légitimité du Sahara marocain ne peut pas être remise en cause. La Suède ne peut pas à la fois profiter de ses relations économiques avec le Maroc tout en le poignardant dans le dos».
Mise à jour : Partis politiques marocains: déplacement à Stockholm reporté