Sécurité sanitaire pendant l'Aïd. Les risques ne sont pas entièrement écartés
A l'approche de la date de la fête du sacrifice, les services sanitaires de l'ONSSA déploient l'ensemble de leurs moyens pour garantir une viande saine et propre à la consommation.
Dans la pratique, cette mission est plus complexe qu'il n’y parait.
Les dernières statistiques avancées par l'ONSSA font état de 1.297 cas de tuberculose bovine en juillet et de 1.452 cas en août 2015.
Malgré les moyens déployés, les actions de surveillance sanitaire menées à l'échelle nationale sont insuffisantes. En effet, la tuberculose bovine est une maladie réputée contagieuse.
"La consommation d'une viande provenant d'une bête atteinte de tuberculose peut entraîner la contamination du consommateur" nous explique N.B. vétérinaire à Casablanca, et d'ajouter: "il existe également des bovins qui ne présentent aucun symptôme lié à la tuberculose, et qui sont porteurs de la bactérie. Ces derniers sont plus difficiles à identifier."
Notre source ajoute qu'il est possible d'estimer les cas répertoriés à 10% de l'ensemble des bêtes contaminées, et cela pour plusieurs raisons. En d’autres termes, il y a dix fois plus de bêtes contaminées que de cas décelés.
"Il existe une difficulté liée au dépistage des cas de bovins tuberculeux. Ajouté à cela le fait que, souvent, les éleveurs préfèrent ne pas communiquer les cas détectés aux services sanitaires, et certains vétérinaires n'informent pas de manière systématique les services sanitaires régionaux des cas observés. Et le principal problème, c'est que la tuberculose chez les bovins ne se soigne pas", nous apprend le vétérinaire.
Vous l'aurez compris, c'est à l'éleveur d'alerter les autorités sanitaires régionales en cas d'apparition de symptômes de la tuberculose. Les services de l'ONSSA procèdent ensuite à l'abattage des bêtes contaminées moyennant une indemnisation. "Une indemnité importante, mais qui ne couvre souvent pas les montants engagés par les éleveurs qui préfèrent, en période de l'aïd, vendre leurs bêtes atteintes directement aux consommateurs", constate notre source.
En temps normal, les bovins contaminés par la tuberculose sont tous les abattus. Après l'abattage, ils subissent une inspection sanitaire au niveau des abattoirs, et seules les carcasses salubres sont autorisées pour la consommation publique, nous indique l'ONSSA.
Quoi qu'il en soit, l’office tient à rassurer les consommateurs, "l'ONSSA assure un encadrement sanitaire vétérinaire rapproché au niveau des marchés à bestiaux, des lieux de rassemblement et des points de vente des animaux autorisés par les autorités locales afin de contrôler et de veiller sur la santé des animaux mis en vente et de sensibiliser les consommateurs, les éleveurs et les vendeurs par des conseils sanitaires et hygiéniques pratiques, et pour contrôler les aliments pour animaux" déclare le service communication de l'ONSSA à Médias 24, tout en déployant, au niveau provincial, plusieurs services vétérinaires qui assurent une permanence sanitaire durant la période de la fête du sacrifice, avant et après l'abattage.