Le passage à un taux de change flottant se prépare dans une grande prudence
Le gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri, a tempéré les pronostics au sujet d'un prochain passage au change flottant, et ce, après le conseil trimestriel de Bank Al Maghrib tenu jeudi 22 septembre.
Le rythme de progression vers un régime de change flottant semble décélérer. La Banque centrale parle désormais d’une préparation des acteurs économiques.
En début d’année, le conseil avait annoncé que le passage au change flexible était une principe acquis.
En Juillet, le gouverneur recevait une visite de travail du FMI pour une évaluation de la ligne de précaution et de liquidité. Les conclusions de cette visite étaient que les fondamentaux économiques étaient bons, que des efforts avaient été accomplis sur le double déficit et sur la décompensation, et que l'économie n'était pas exposée à des risques externes. Le Fonds Monétaire considère que le timing est bon pour un passage à un nouveau régime de taux de change, puisque le Maroc ne traverse pas de crise, que ses fondamentaux sont solides et qu’il jouit de confortables réserves de devises.
Précédemment, les gouverneurs centraux de la région MENA avaient tenu un symposium pour préparer ce passage au taux flottant.
Au 3e conseil de BAM cette année, le gouverneur Jouahri annonce que toutes les études sont prêtes avec le FMI. Mais en pré-requis, en plus d’indicateurs macroéconomiques stables, le gouverneur ajoute que le secteur bancaire et les opérateurs économiques doivent être préparés. "Les banques doivent avoir l’information des taux de change en temps réel, et donc être à niveau sur leur chaîne informative et comptable".
Alors qu'actuellement, les entreprises du MASI achetant avec un dollar fort, déclinent à la bourse, on comprend que le gouverneur s'inquiète que les opérateurs économiques assurent une juste couverture des changes.
Le Maroc serait le 15e pays africain a adopté un régime de change flottant.