Milouda Hazib: “Le PAM ne décevra pas”
Après avoir gagné ce lundi matin la présidence de cinq des douze régions du Maroc, le PAM s’exprime par la voix de Milouda Hazib, chef du groupe parlementaire du parti. Interview. La dirigeante du PAM a été élue 6e vice présidente aux côtés du nouveau président Ahmed Akhchichine car la loi prévoit un quota de 30% de femmes dans le bureau de la région.
Médias 24: La victoire du PAM, avec 5 régions, n’était pas gagnée d’avance et parfois, elle s’est jouée dans un mouchoir de poche
Milouda Hazib: Ce n’était pas le cas pour les régions de Casablanca-Settat et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima car grâce au jeu de nos alliances, nous étions les grands favoris. A Marrakech-Safi, le problème ne se posait pas car il y avait un seul candidat en lice.
Là où il y a eu un vrai effort à fournir, ça a été dans la région de l’Oriental et de Béni Mellal-Khénifra. Contrairement aux rumeurs, les élus de l’Istiqlal ont honoré leur engagement de voter pour nous et un des leurs est d’ailleurs devenu vice-président de Marrakech-Safi sur les 9 que compte la région.
-Qu’allez-vous faire de votre victoire ?
-Nos priorités seront d’instaurer la bonne gouvernance, la rationalisation et la bonne gestion régionale. Pour faire court, nous allons simplement honorer les promesses faites à nos administrés.
Nous avons désormais une grande responsabilité, notre travail payera car il aura une grande incidence sur la vie quotidienne des citoyens des régions.
Pour qu’une région soit fidèle à sa vocation d’outil de régionalisation avancée, il faut trois choses :
-Les élus doivent être à la hauteur des attentes des Marocains;
-Les ressources humaines des régions doivent s’acquitter des grands chantiers qu’ils mènent;
-Les ressources financières doivent être au rendez-vous mais les possibilités sont grandes eu égard aux posibilités ouvertes par la régionalisation avancée.
Nous avons des gens de grande valeur comme Ahmed Akhchichine, Mustapha Bakkoury ou Ilyas El Omari qui ont des compétences et de l’expérience pour s’acquitter de leur mission de gestionnaire.
Nous avons l’intention de constituer un modèle innovant en termes de programme dans des régions qui vont devenir un élément incontournable du développement national.
Nous créerons la différence en nous attaquant de manière efficiente à des chantiers qui étaient auparavant du seul ressort du gouvernement (santé, éducation, infrastructure …).
Nos présidents de région et leurs équipes deviendront un exemple à suivre car désormais, c’est l’intérêt général et non particulier qui primera sur toute autre considération.
-En un an, pensez vous pouvoir convaincre les électeurs de vous suivre aux législatives de 2016?
-Nous avons grand espoir car les gens qui vous voient construire sur des bases solides, ont confiance. Quand vous construisez une maison, vous commencez par les fondations et si elles sont solides, vous pouvez même édifier un gratte-ciel. En politique, c’est le même principe.
Dans les régions que nous administrerons, l’ouverture sur la jeunesse, les acteurs économiques, la société civile et même sur les autres partis politiques sera la règle.
Si tout cela est au rendez-vous, les citoyens retrouverons confiance dans leurs élus et dans la politique en général. En un an, nous avons le temps d’initier de grands projets structurants.
-Pensez-vous que le PAM reste l’alternative au PJD qui a beaucoup progressé dans les urnes?
-L’avancée de ce parti est relative car l’on se réfère aux résultats des dernières élections, nous sommes premiers. Nous avons gagné 5 régions sur 12 et comme en 2009, nous sommes classés vainqueur au niveau régional et communal. Nous avons gardé l’essentiel de nos conseils communaux.
Le progrès électoral du PJD est la simple résultante de l’hémorragie d’électeurs qu’ont connue les autres partis eu égard aux chiffres, ceux qui ont voté pour le PJD ne viennent absolument pas de nos électeurs qui ont fait preuve de fidélité à notre égard.
-Vous avez quand même perdu de grandes mairies comme Tanger, Marrakech au profit du PJD?
-Le problème ne se pose pas de cette manière, le PJD a simplement profité de l’effritement du score de nos alliés, ce qui ne nous a pas permis de renouveler des alliances concluantes. Ils ne nous ont donc pas battus directement.
Les faibles résultats des partis de l’opposition ont malheureusement impacté de manière positive les scores du PJD qui passe à tort pour le grand gagnant. Le PAM n’a reculé nulle part, je vous rappelle qu’en 2009, nous avions 6.000 élus et qu’aujourd’hui nous en avons récolté 6.650.
-Le PAM conservera-t-il cet avantage en 2016?
-Nous avons comme objectif d’asseoir notre place honorable dans le paysage politique mais refusons de nous positionner en futur vainqueur car ce qui compte, c’est les faits et pas les promesses.
Pour ne pas décevoir ceux qui ont voté pour nous, nous effectuerons un contrôle strict et ponctuel du travail de nos élus dans les régions et les communes dirigées par notre parti.
Capitalisant sur nos valeurs de démocratie, de priorité au peuple et de modernité, nous allons à travers ces mandats communaux et régionaux prouver que le PAM travaille pour l’intérêt général.