Décès d'un citoyen lors de son interpellation. Des témoins racontent
Une enquête judiciaire est ouverte à l'encontre de 8 gendarmes accusés d'avoir causé la mort d'un citoyen à Oued Amlil. Les témoins racontent la scène.
La victime, vendeur de pâtisseries marocaines au marché hebdomadaire de Oued Amlil (Souk Tlat, province de Taza), a été appréhendée par des éléments de la Gendarmerie royale, mardi 1er septembre, et transféré de force au poste de gendarmerie dans lequel il aurait subi des actes de torture ayant causé son décès.
Contacté par Médias 24, Mohamed Chiabri, membre de l'Association marocaine des droits de l'Homme, section Taza, revient sur les faits à partir de témoignages recueillis auprès de témoins oculaires et de la famille de la victime.
"La victime a été appréhendée lors d'une opération d'assainissement qui s'est déroulée le 1er septembre. Les témoins présents lors des faits ont rapporté que les gendarmes ont approché le vendeur pour un contrôle d'identité. Deux versions sont évoquées, certains disent qu'il était soupçonné de dealer de la drogue, tandis que d'autres rapportent qu'il n'avait pas sa carte d'identité nationale sur lui. Plusieurs témoins ont également déclaré que les gendarmes incriminés ont saisi la somme de 600 DH qui était en la possession du vendeur, ce à quoi la victime a rétorqué, en réclamant la restitution de son argent."
L'échange qui a suivi cette scène a conduit a des agressions physiques d'une "rare violence". "Les personnes présentes sur le lieu racontent que la victime a été brutalisée sur la place publique, avant d'être traînée par terre et emmenée par les gendarmes", nous a déclaré Mohamed Chiabri.
Un autre élément à charge plaide contre les gendarmes mis en cause. "Après avoir constaté la gravité des coups assénés à la victime, la gendarmerie d'Oued Amlil a envoyé une correspondance au médecin principal de l'hôpital de Taza, lui demandant de placer le corps directement à la morgue, et ce sans en aviser le procureur du Roi", nous apprend notre source.
Le corps de la victime devait être inhumé, ce jeudi, après la prière d'Al Asr.
Une enquête préléminaire est actuellement en cours contre les 8 gendarmes mis en cause. En garde à vue, ils seront présentés pour poursuite pénale devant les tribunaux compétents.