Le parti de Salaheddine Mezouar réévalue ses alliances pour les régionales
Le bureau exécutif du RNI doit trancher ce jeudi sur ses alliances politiques. Les régions de Tanger-Tétouan-El Hoceima et Casablanca-Settat en sont le centre.
Ce jeudi 10 septembre, le parti du Rassemblement National des Indépendants (RNI) réunit, à 17h, son bureau exécutif à Rabat. Une décision importante doit y être pris: Quel allié soutenir pour la présidence des conseils régionaux de Tanger-Tétouan-El Hoceima et de Casablanca-Settat?
Selon des sources bien informées, le RNI a déjà réalisé un deal avec le PAM, la réunion de ce jeudi ne fera que l’entériner. Le deal en question a permis à Ilyass El Omari de s’assurer une majorité théorique pour prendre la présidence de la région de Tanger-Tétouan-El Hoceima. L’homme du PAM n’a déposé sa candidature que mercredi 9 septembre vers 20h du soir, après avoir verrouillé sa majorité.
Pour s’assurer de la fidélité de ses futurs alliés, le PAM a dû faire des concessions. En effet, ne disposant pas de majorité dans le conseil régional après la correction arithmétique privant l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) d’un siège, le PAM se devait de s’adjuger le joker du RNI qui dispose de huit sièges au sein du conseil de Tanger-Tétouan-El Hoceima.
En contrepartie, le PAM soutiendra la présidence de Abdelilah Hsissen du RNI à la commune de Larache. Mieux encore, pour renforcer davantage ses chances dans les régionales, le PAM a promis la présidence de la commune de Laksar à Mohamed Simo, un parlementaire du Mouvement Populaire (MP).
Contacté par Médias 24, Ilyass El Omari ne confirme pas ces tractations et ne les infirme pas. «La décence politique voudrait qu’on s’adresse à toutes les parties, même aux élus de la majorité gouvernementale pour discuter de l’avenir de la région», déclare-t-il à Médias 24. Et d’ajouter, «pour l’instant, rien n’est acquis», une façon de dire qu’un renversement de situation reste toujours possible.
Pour la région de Casablanca-Settat, la présidence de Mustapha Bakkoury a, elle aussi, besoin d’une majorité confortable. Le joker RNI est également sollicité par le PAM. D’après nos sources, il est bien acquis pour Bakkoury.
Le PJD, qui trône en maître incontesté au conseil de la ville de Casablanca, n’a pas forcément d’ambition pour le conseil régional, même s'il présente un poids lourd, Abdessamad Haikeur.
En revanche, le PAM compte énormément sur cette présidence. La position du RNI, qui en principe ne devrait pas gêner les calculs du PJD, a quand même valeur de trahison politique. La majorité gouvernementale survira-t-elle à ce coup? L’avenir nous le dira.