Karim Tazi: “le PJD peut rééditer son exploit aux législatives“
Pour le président du pôle international du groupe Richbond, les dernières élections montrent que le PJD a réussi à s’imposer sur la scène politique et que «le génie a fini par sortir de la bouteille».
Refusant de qualifier l’avancée électorale du PJD de raz-de-marée, Karim Tazi poursuit que ce parti a échappé aux modèles ambiants en s’appuyant sur une véritable légitimité populaire.
«Il n’y a pas eu de déferlante car les gens qui ont voté pour ses candidats représentent à peine 1,5 million d’électeurs. Rapporté à 14,5 millions d’inscrits sur les listes électorales ou à 21 millions de Marocains en âge de voter, c’est tout sauf un raz-de-marée comme je l’entends ici et là».
Malgré ces réserves, il pense que le PJD est devenu un acteur politique incontournable sans aucune alternative crédible pour lui faire de l’ombre.
«Cette absence de concurrence fait qu’il va sans doute rééditer le même scénario de victoire aux prochaines élections législatives. En 2016, le PJD pourrait à la limite presque gouverner sans l’appoint de ses actuels alliés. Il ne le fera certainement pas car il préfère continuer à bénéficier de la caution morale du PPS et de la bonne image de gestionnaires du RNI».
Karim Tazi n’exclut pas le fait que si Hamid Chabat, secrétaire général de l’Istiqlal était délogé, le PJD pourrait constituer avec ce parti un bloc conservateur car il partage le même référentiel islamique avec le PI.
«Je crois davantage à une polarisation du champ politique emmenée par le PJD qu’à une bipolarisation car le PAM a échoué dans sa volonté de constituer une alternative au parti de la lampe».
Concernant l’arrivée sur la scène politique de la FGD (Fédération de la gauche démocratique), ce sympathisant d’Omar Balafrej avance que ce mouvement est encore trop jeune pour concurrencer dans les urnes le PJD en 2016.
«La FGD n’aura pas le temps de prétendre constituer une alternative à ce parti car au meilleur des cas, la fédération fera entrer un député à la Chambre des Représentants. Certes, cette coalition de gauche suscite de l’espoir, mais elle est encore loin de constituer un danger pour Benkirane».
L’industriel engagé poursuit que pour l’instant, il y a le PJD et un désert partisan et que le vrai face à face qui aura lieu l’opposera au Makhzen (notables, ministère de l’intérieur, sécuritaires…).
«A partir du moment où a été accepté le concept de la légitimité populaire, le Maroc a laissé sortir le génie de la bouteille».