Un homme blessé lors d'une intervention policière à Guich Loudaya
Les habitants du douar Oulad Dlim situé à Hay Riad, et appartenant aux terres Guich Loudaya, ont été expulsés par les autorités mardi matin. L'intervention a fait un blessé grave.
Une partie des habitants du douar Ouled Dlim a subi, mardi matin, une intervention policière musclée. Plusieurs dégâts matériels sont recensés, et un père de famille a été "grièvement" blessé, selon sa famille.
Jointe par téléphone, son épouse nous raconte le récit des événements:
"La descente policière s'est déroulée très tôt le matin, au moment où j'étais en train de préparer le repas. La petite bonbonne de gaz qui était allumée au moment de l'intervention s'est renversée, brûlant la tente en plastique qui nous abritait jusque là, et le feu s'est rapidement propagé. Mon mari, qui était en train de dormir au moment des faits n'a pas pu quitter la tente à temps. Il a tout de même réussi à sortir avant que notre fils n'éteigne le feu à l'aide d'une couverture," nous déclare l'épouse de la victime.
Elle poursuit son récit: "Mon fils a été arrêté et emmené au commissariat de police avant d'être relâché. Et mon mari a été admis aux urgences, victime de brûlures au deuxième degré. Le médecin nous a dit qu'il pourra quitter l'hôpital à partir de mercredi, mais nous n'avons nulle part où aller."
Le fait qu’il puisse quitter l’hôpital en 24 heures peut laisser penser que les blessures sont moins graves que ne le dit la famille.
Pour rappel, les habitants du douar Ouled Dlim subissent depuis plusieurs mois des descentes surprise. Le but étant de les évacuer des terres Guich titrées, propriété de la collectivité des Guich des Oudayas, mises sous tutelle du Ministère de l'Intérieur, et vendues à des prix symboliques (25 dirhams le m2).
Il est à noter que la tutelle du Ministère de l'Intérieur a été abrogée par le Conseil de tutelle dans une décision rendue le 4 mai 1979 et qui prévoit que le Ministère de l'Intérieur ne peut exercer la tutelle sur les terres Guich, et ce, conformément au Dahir du 27 avril 1919 qui régit la tutelle sur les terres collectives.
Réclamant ainsi indemnisation et réhabilitation, la population du douar Ouled Dlim, qui se considère dépouillée de ses biens, refuse de quitter les lieux. Une partie d'entre elle déclare ne pas avoir été indemnisée, et dénonce un traficotage des listes des personnes à indemniser, établies par le Ministère de l'Intérieur.