Facebook lance son assistant virtuel. Vers une société totalement connectée?
L’assistant virtuel du réseau social peut effectuer des réservations, acheter des articles, trouver un commerce de proximité, organiser un voyage ou encore vous trouver un cadeau d’anniversaire pour votre conjoint.
Il s’appel "M", le nouvel assistant virtuel de l’application de messagerie de Facebook, Messenger.
Lancé mercredi 26 août, "M", disponible pour une centaine d’utilisateurs seulement, est en phase de test pour le moment. Il sera déployé prochainement pour tous les utilisateurs de Facebook. L’assistant vient ainsi concurrencer le Siri sur iPhone, Cortana intégré dans Windows 10, et Google Now.
Selon David Marcus, vice-président responsable des produits de messagerie chez Facebook, "M" promet d’être plus efficace que ses concurrents. «Il ne faudra pas longtemps pour que les utilisateurs de Messenger réalisent que M peut effectuer des tâches qu’aucun autre assistant ne peut effectuer», assure-t-il.
Pourquoi un tel optimisme? Parce ce que, en plus d’utiliser l’intelligence artificielle, «M» est supervisé par des personnes réelles, c'est-à-dire qu’un certain nombre d’employés de Facebook (les «M» trainers) feront en sorte de répondre à chaque requête. Seulement, vu le nombre faramineux des utilisateurs de Facebook, le réseau social, quel que soit le nombre d’employés «M trainers» engagés, misera davantage sur l’intelligence artificielle de l’assistant.
Un enjeu financier
Les responsables de Facebook ne manquent pas d’ingéniosité pour augmenter les recettes du réseau social. La puissance promise de son assistant virtuel augmentera sans doute le nombre d’utilisateurs de l’application Messenger, et stimulera éventuellement les revenus de leurs transactions.
Le service sera capable d’après M. Marcus de «capturer l’ensemble de vos intentions. L’intention mène souvent à l’achat ou à une transaction. C’est un moyen pour nous de gagner de l’argent», explique le vice-président.
C’est en tout cas le pari de David Marcus, ancien PDG du service de paiement en ligne, PayPal, embauché en juin 2014 par Facebook, qui, depuis cette période, a triplé le nombre d’utilisateurs de Messenger pour atteindre les 700 millions.
Comment ça marche
David Marcus n’a pas encore avancé la date de la généralisation du service, mais anticipons les choses. Pour utiliser le service, un petit bouton en bas de l’application Messenger donne la possibilité d’envoyer un message à M, de la même manière que vous pouvez envoyer un message à un contact sur Facebook. L’assistant va ensuite décoder le langage et commencer à poser de questions.

Pas de crainte, pour le moment, pour votre vie privée sur Facebook. Le service ne se base pas sur les données sociales de Facebook. Il se base uniquement sur vos réponses aux questions que «M» vous pose et aux conversations que avez eu avec lui ou elle («M» n’a pas de sexe). Mais cela risque de changer si l’utilisateur l’accepte», affirme M. Marcus.
Vers une société dépendante à la technologie?
Siri, Cortana, Google Now, et maintenant «M». La multiplication des assistants virtuels a certainement des avantages, mais n’est-il pas le moment de se poser des questions quant à la dépendance à la technologie?
Ces assistants, censés faciliter notre quotidien, nous rappelle l’un des meilleurs films de ces dernières années, «Her». Une comédie dramatique de Spike Jonze. Le réalisateur filme avec beaucoup d’élégance une société future totalement dépendante et connectée à la technologie, dont le personnage principal qui tombe amoureux d’une voix informatique, son assistante virtuelle. On y voit aussi un monde déconnecté de la vie sociale, et c’est là où le bât blesse. Un triste constat qu’on pourrait vivre dans la vie réelle fort probablement dans les années à venir.