Mohamed Sajid présente les ambitions rénovées de l’UC
Repositionnement et posture de rupture de la part de l’UC. Le parti change sous la houlette de Mohamed Sajid.
Le repositionnement de l’UC pourrait être enseigné dans les écoles de communication ou de marketing politique. Une sorte d’exercice difficile, car, voilà un parti qui a mal vieilli dans un environnement politique et social qui s’est régénéré, et qui a fut à sa naissance en 1983, un parti de l’administration.
Ce mardi 26 août, Mohamed Sajid recevait la presse pour sa propre sortie médiatique depuis son élection au poste de secrétaire général de l’UC le 25 avril dernier. Première sortie médiatique également depuis l’ouverture de la campagne électorale officielle.
L’exercice de communication était réussi, car innovant, pas ennuyeux (contrairement à la plupart des conférences de presse politiques) et riche en messages.

Un florilège des projets structurants de Casablanca affiché dans la salle de la rencontre avec la presse.
Ceux qui se demandent ce qu’est le nouvel UC de Mohamed Sajid ont eu la réponse :
-Sajid et l’UC assument leurs points faibles ou les reproches qu’on leur fait. Par exemple, Sajid est considéré comme un homme qui parle d’une voix trop douce, qui est trop calme pour être un leader politique. Le slogan sera donc “La sérénité dans l’action“;
-Le repositionnement évite le terrain de l’idéologie pour aller simplement vers les réalisations. Sous forme de question. “Plutôt qu’un hashtag, je pose la question achderti?“ plaisante Mohamed Sajid. Quelques exemples seront donnés, par exemple le tramway. “Les autres vous promettent le tramway, nous l’avons fait“;
-On dit parfois de Sajid qu’il est un DG de Casablanca. C’est un peu cela qui est dit et assumé;
-La forme: ce n’est pas une conférence de presse classique. Sajid est interrogé par Anouar Zyne, autre militant et dirigeant de l’UC, rompu à la communication. Les réponses sont assez courtes. Quelques spots sont projetés, pour montrer les réalisations d’élus UC dans d’autres communes que Casa;
-L’usage d’une forme de storytelling, a rendu l’exercice moins ennuyeux et plus audible pour l’assistance. Sajid raconte par exemple qu’en 1993, il préside une commune de 5.000 habitants dans la région de Taroudant. Il en conclut sur la méthode, l’expérience communale, les bilans, les réalisations;
-L’UC se positionne dans le langage de vérité, le dire vrai.
-Il revendique une expertise dans la gestion communale, et pas seulement à Casablanca.
En matière de bilan, Sajid a mis en avant deux apports dans la gestion communale, à travers deux exemples:
-La capacité à réaliser des montages financiers pour des projets ambitieux, en mobilisant des fonds provenant des budgets de l’Etat ainsi que par des opérations en PPP (partenariat public privé).
-L’innovation apportée par Casablanca en matière d’éradication des bidonvilles. 100.000 familles y résidaient en 2004. Plus de la moitié ont été relogées. Et la mise au point d’une formule nouvelle qui a suscité l’intérêt au Maroc et à l’étranger, jusqu’aux Nations Unies: grâce à la SDL (Société de Développement Local), les délais de recasement ont été réduits à six mois en moyenne au lieu de deux à trois ans auparavant. La nouvelle formule consiste en un partenariat entre une petite entreprise de construction, deux familles de bidonvillois et la ville. La ville fournit le terrain, l’entreprise construit gratuitement et devient propriétaire d’un étage. Les deux famille sont également un étage chacune.
Mohamed Sajid a envoyé des messages à contre-courant des autres partis et leur a même lancé des piques : “je parle de réalisations et pas de fausses promesses.(…) Je parle de compétences réelles des communes. (…) Je me présente là où j’habite et je vis, on ne peut pas prétendre gérer une commune en faisant la navette.(… )“
Sajid se présente en tant que tête de liste UC aux communales à Aïn Chok et aux régionales dans la préfecture d’Anfa.