Critiques virulentes de Benkirane contre le PAM
Jusqu'à ce lundi 16 août, la campagne électorale prend les allures d'une polarisation et d'un affrontement PAM-PJD. Benkirane donne l'artillerie contre le PAM.
Le PJD cible Témara qu’il avait perdue en 2009. La petite ville côtière qui grandit à l’ombre de Rabat suscite l’intérêt des grands partis. Elle est emblématique et constitue un vrai défi à la gestion communale.
Le PJD présente Mohamed Rajdali comme tête de liste aux communales, Itimad Zahidi comme tête de liste des femmes et Abdelaziz Ayedh en tant que tête de liste pour les régionales.
Dimanche 16 août, Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, a animé une rencontre de son parti à Témara. Ce n’est pas encore la campagne officielle, mais on sent les grands partis sur le sentier de la guerre.
Benkirane ne s’est pas focalisé sur cette ville, ni sur la gestion communale. Il s’est exprimé d’une manière bien plus large. Une grande partie du discours, tel qu’il a été diffusé par le PJD, a été axée sur le PAM et en particulier sur Ilyas El Omari.
Le SG du PJD a été particulièrement virulent. Manifestement, les récents propos d’El Omari contre feu Dr. Khatib l’ont fortement ébranlé.
Benkirane rappelle sa propre version des événements des dernières années au Maroc et remonte parfois jusqu’à l’indépendance:
-“Le printemps arabe a constitué un véritable danger à la fois pour notre pays et notre Etat. C’est nous, PJD, qui avons appelé et défendu l’idée de préserver et défendre nos institutions";
-“Le PAM est certes arrivé en tête des élections professionnelles mais cela ne signifie pas que les Marocains vont le suivre et voter pour lui";
- [s’adressant au PAM] “Dites-moi quelle bataille politique vous aviez gagnée au cours des quatre dernières années…?“;
-“Ce parti est terminé, le printemps arabe a eu raison de lui. Il faut tirer les enseignements de l’histoire. Les pressions et les dividendes récoltés par la proximité avec le pouvoir, c’est fini. Les temps ont changé. Sa Majesté le Roi a consacré le choix constitutionnel. Le chef du gouvernement est le responsable de l’administration et en tant que tel, il supervise les élections";
-“Ce parti est l’émanation d’un courant autoritaire qui agit contre l’intérêt du pays et qui a causé de graves problèmes depuis 1965";
-“Nous sommes un courant différent qui considère que les Marocains comme étant libres dans le cadre de nos constantes et de nos sacralités";
-“Si El Bakkoury [secrétaire général du PAM] est un homme bon. Je l’ai conseillé à plusieurs reprises, je lui ai dit qu’il n’a rien à faire là-bas, tout le monde sait qu’il n’est pas le vrai secrétaire général;
-“Ilyas El Omari, homme fort du PAM? S’il est réellement fort, qu’il sorte nous affronter… Et si aujourd’hui, il quitte les coulisses, apparaît au grand jour, donne une conférence de presse, se porte candidat aux élections, nous constatons qu’il est au courant de ne plus pouvoir tirer les ficelles comme avant";
- [s’adressant à Ilyas El Omari] “les prochaines élections vont vous apporter des nouvelles qui ne vous réjouiront pas. (…) Vous accusez le Dr. Khatib d’avoir commis des violations des droits de l’homme: un seul cheveu du Dr. Khatib vaut plus que vous“.
Pour se faire sa propre opinion, il suffit de visionner la vidéo ci-dessus.