Pour faire des affaires en Afrique, étudiez les villes plutôt que les pays
Sur 217 entreprises multinationales interrogées par les chercheurs de The Economist, 65 d’entre elles indiquent que «l’Afrique est une priorité pour elles durant la prochaine décennie» révèle The Economist Intelligence Unit (EIU).
Intitulée Africa Cities 2015, l’étude révèle que toutes les multinationales interrogées «accroissent leurs activités en Afrique. Parmi celles-ci figurent Maersk ou Adidas, DHL, L’Oréal, Vinci ou Michelin».
Selon l’EIU, «les entreprises qui se développent en Afrique doivent se concentrer là où se trouvent la croissance économique et la croissance démographique». Pour les analystes britanniques, «une stratégie nationale n’est pas suffisante; il est plus pertinent d’avoir de bonnes informations sur les villes».
Le continent africain comptera 1,5 milliard d’habitants d’ici 2030 contre un peu moins d’un milliard aujourd’hui. Des villes telles que Lagos, Le Caire, Addis-Abeba, Johannesburg, Le Cap, Kinshasa, Alger ou Casablanca compteront toutes plus de 5 millions dans moins de 10 ans et près de 20 millions pour Le Caire et Lagos.
L’étude de l’EIU révèle que les 29 villes étudiées avaient une population avec un revenu par habitant supérieur à la moyenne nationale. Outre les villes citées ci-dessus, Nairobi au Kénya, Durban en Afrique du sud, Tunis ou Alexandrie ont une population plus riche que la moyenne nationale.
L’étude de l’EIU fournit des précisions sur la démographie par tranches d’âges et nombre de ménages, les revenus et leur distribution par groupes de produits et des indicateurs de styles de vie avec le nombre de véhicules par ménage ou l’usage d’Internet et du téléphone mobile.
L’étude permet non seulement de s’informer sur chaque ville mais également de comparer deux ou trois villes différentes : combien achète-t-on de litres de soda par habitant et par an à Casablanca, Alger et Le Cap ? Le nombre et le type de voitures en circulation au Caire, à Abidjan et à Dakar ?
L’étude se présente comme un outil d’étude de marché performant pour les entreprises de plus en plus intéressées par les marchés africains. Le continent compte une croissance économique moyenne supérieure à 4% par an, depuis une décennie, avec une démographie également en croissance.
L’étude n’analyse pas les besoins en infrastructures ou en formation professionnelle mais les besoins en produits de consommation. Produits bancaires, logements, téléphone mobile, équipements domestiques. Une étude pour toucher les classes moyennes africaines et les classes émergentes.