Le rapport 2014 de l’OMP met à nu l’état des prisons marocaines
L’Observatoire Marocain des Prisons vient de rendre public son rapport 2014 sur la situation des prisons nationales. Le rapport rappelle que 42% de la population carcérale est en détention préventive. Ce rapport publié le mardi 28 juillet dresse le bilan et fait également des recommandations pour améliorer l’état des institutions carcérales.
L’Observatoire marocain des prisons aborde plusieurs thématiques concernant la justice et les établissements carcéraux, et pointe minutieusement du doigt les défaillances et les raisons de ces dysfonctionnements.
Plusieurs chiffres ont été avancés par l’OMP, comme le nombre de détenus en 2014 qui s’élève à 74.941 dont 1.719 femmes, 1.517 mineurs et 1.008 étrangers.
Ce chiffre global comprend 31.850 individus en détention préventive, pour 77 établissements pénitentiaires à travers le Royaume.


Parmi les dysfonctionnements relevés, la lenteur des procédures judiciaires, la non-application des dispositions juridiques relatives à la libération conditionnelle, un manque en effectifs de procureurs du Roi (pour le jugement des mineurs) ainsi que l’absence de recours aux alternatives judiciaires à la détention préventive.
L’OMP a également profité de ce rapport pour mettre en lumière l’état de santé des détenus, plus spécifiquement ceux atteints de maladies mentales et le manque d’intérêt de la part des parties prenantes de la santé à l’égard de ces prisonniers.
De plus, l’Observatoire avec l’aide du CNDH, lors de leur dernière visite aux détenus condamnés à la peine de mort, «a remarqué des cas et situations inquiétants», dont certains ayant été atteints lors de leur séjour dans l’univers carcéral.
L’OMS s’est donc interrogé sur la dispense qu’offre la loi concernant la responsabilité pénale en tant qu’individu à défaillance mentale et que cette même loi n’autorise pas de remise de peine ou de révision pour les personnes touchées au sein même des prisons.
Par ailleurs, l’Observatoire Mmarocain des prisons a recensé le nombre de plaintes reçues contre les établissements pénitentiaires. La majeure partie de ces plaintes sont relatives aux grèves de la faim (50 en 2014), viennent en seconde place les plaintes déposées sans suite (41).
Le rapport estime que le non respect des droits des prisonniers n’était pas spécifique à des centres pénitentiaires en particulier mais concerne les institutions pénitentiaires dans leur globalité.
En conclusion du rapport sont mentionnées toutes les recommandations, suggérant aux autorités compétentes (entre autres) de s’élever aux standards internationaux au niveau des prisons, ainsi que la mise en œuvre des recommandations émanant des traités, et mettre en place un mécanisme indépendant pour contrôler les lieux de détention.

