Tanger, AnfaPlace, Asilah: armes blanches et violence banalisées
Jeudi 23 juillet vers 19h sur la place Roudani et le boulevard Mohammed V de Tanger, un incident entre les conducteurs de deux véhicules à cause d’un défaut de priorité à donné lieu à l'usage d’armes blanches.
Bilan: un blessé grave. La principale victime, K.T., a été touchée au bras et au visage et a été hospitalisée.
La bagarre a nécessité l’intervention des forces de police, des forces auxiliaires et de la protection civile pour ramener le calme à la place Roudani également connue comme place Nejma. Celle-ci se trouve à moins de 100 mètres de la plage municipale de la ville et des hôtels Almohades, El Oumnia et Solazur.
Violence banalisée
L’incident devenu altercation puis agression à l’arme blanche et intervenu en plein centre de Tanger, en plein jour et au cœur de la saison touristique, semble symptomatique d’une banalisation de la violence.
De multiples incidents violents sont signalés chaque jour à Tanger, sur une plage près de Tétouan ou à Casablanca et à Rabat. Ainsi de l’invasion d’AnfaPlace à Casa par des jeunes désœuvrés.
Ce qui s’est passé à Anfa Place à Aïn Diab la semaine dernière s’est répété de manière quasi-similaire et à plusieurs reprises depuis le début de cet été à Asilah et Ksar el Kébir. De quoi s’agit? De jeunes âgés de 12 à 18 ans résidents à Ksar el Kébir, désœuvrés dans une ville où le thermomètre peut monter à 38° l’après-midi en juillet et qui décident de passer la journée à la plage.
D’AnfaPlace à Asilah
Pour cela, ils prennent d’assaut le train à midi en gare de Ksar el Kébir en direction d’Asilah, distante de 75 km. “Naturellement“, ils ne paient pas leur ticket, selon les témoignages que nous avons recueillis. Le «succès de leur opération» fait que de plus en plus de gamins se sont joints au mouvement au fil des derniers jours.
Jusqu’à ce mercredi dernier, lorsque des dizaines d’entre eux ont envahi la gare d’Asilah à la fin de la journée pour prendre d’assaut le train Tanger-Casablanca pour rentrer chez eux à Ksar el Kébir. Résultat: Pagaille, frayeurs parmi les clients de l’ONCF et bagarres au milieu de forces de l’ordre en nombre réduit et impuissantes.
Selon des témoins, la gare se trouvant en bord de route nationale, il a fallu également interrompre la circulation pour éviter des incidents supplémentaires.
Entre nos commissions de l’éducation qui mettent plus de 10 ans à se décider, des conseils de la jeunesse et de l’avenir dont on s’interroge sur l’utilité et la crédibilité des forces de sécurité déjà très sollicitées, une nouvelle réflexion est nécessaire sur l’évolution et l’avenir de notre jeunesse.