Dialogue social: les syndicats préparent la contre-attaque
Ce mardi 21 juillet, les syndicats de l’alliance (CDT, UMT et FDT/Azzouzi) tiennent réunion. Objectif: définir la position à adopter face aux propositions faites par le chef de gouvernement dans le cadre du dialogue social.
Les syndicats offriront-ils un cadeau électoral à Abdelilah Benkirane? Rien n’est sûr en politique. Ce qui l’est en revanche, c’est que ce mardi 21 juillet, les syndicats de l’alliance (CDT, UMT et FDT/Azzouzi) tiennent réunion. Objectif: définir la position à adopter face aux propositions faites par le chef du gouvernement dans le cadre du dialogue social.
«Nous sommes mécontents, certes, mais nous ne pouvons pas individuellement ou séparément adopter une position. Il faut attendre la réunion de demain», déclare à Médias 24 un Abderrahmane Azzouzi (FDT), intransigeant.
Mécontents, car le chef de gouvernement n’a, selon les ténors des centrales syndicales, respecté ni la forme ni le fond du dialogue social.
Dans la forme, syndicat et chef de gouvernement s’étaient mis d’accord sur la définition d’une plateforme de négociation, qui sera suivie dans le cadre d’une commission nationale. Cette démarche n’a pas eu lieu.
Abdelilah Benkirane a imposé son style. Il a provoqué des rencontres individuelles où il était question de transmettre ses propositions ou possibilités sociales aux syndicats. Donc point de commission et encore moins de négociations ou discussions.
Dans le fond, les propositions de Benkirane sont jugées insuffisantes, voire «faibles», selon le terme utilisé par les syndicalistes contactés par Médias 24. Le chef de gouvernement avait proposé, juste avant la fin du mois de ramadan, d’augmenter le seuil exonéré de l’IR à 36.000 DH/an, de révision à la hausse les allocations familiales et de maintenir sa réforme de l’âge de la retraite à 65 ans.
Cette liste restrictive, selon les syndicats, ne tient pas compte de plusieurs points essentiels, à commencer par la liberté syndicale. Les centrales avaient, en effet, insisté sur l’impératif de concrétiser les accords du 26 avril, dont le point central était la liberté syndicale.
De même, lors de la rencontre du 17 juin dernier, les centrales syndicales avaient fixé leurs seuils «acceptables» pour la baisse de l’IR, la réforme de la retraite…. «Aucun de ces seuils n’a été atteint», déplore Azzouzi.
Est-ce suffisant pour conclure que la réunion de demain sanctionnera le gouvernement? Aucune centrale ne livre son jeu à l’heure actuelle et encore moins l’UMT, qui garde un silence politicien. La neutralité, supposée ou réelle, des trois syndicats de l’alliance par rapport aux partis politiques ne doit pas tromper. La position de l’alliance se jouera ailleurs que dans le cahier des revendications des travailleurs.
En revanche, concernant l’UGTM, syndicat proche du parti de l’Istiqlal, sa position semble prédéfinie, mais pas encore déclarée. La centrale est portée sur une sanction «exemple» pour le gouvernement Benkirane, surtout à la veille des élections locales, mais elle ne l’affirme pas encore.