CDMC livre les perspectives des valeurs bancaires cotées
Les analystes financiers de la société de Bourse Crédit du Maroc Capital (CDMC) ont livré une note sur le secteur bancaire. À cette occasion, nous avons évoqué avec Othmane Benassila, analyste financier chez CDMC, les perspectives des valeurs bancaires cotées à la Bourse de Casablanca.
-Médias 24 : Pouvez-vous nous indiquer les principales hypothèses de votre recommandation de conserver les valeurs bancaires Attijariwafa Bank et CIH?
Othmane Benassila: Nous recommandons de conserver le titre Attijariwafa Bank dans les portefeuilles, suite à une valorisation qui nous a conduit à un prix théorique de 348 DH par action, ce qui représente une surcote de 1,3%, compte tenu du cours de l’action de 352,35 DH, le 14 juillet 2015. Par ailleurs, la valeur bancaire offre un rendement de dividende de 2,92% et 3,56% respectivement en 2015 et 2016, contre 2,84% en 2014.
Les hypothèses retenues pour la valorisation se déclinent comme suit:
- La baisse annoncée par Bank Al Maghrib des taux directeurs de 3% à 2,5% qui seraient répercutées sur les taux interbancaires et non sur la clientèle;
- Une croissance annuelle moyenne du PIB tunisien et de la consommation privée tunisienne, entre 2015 et 2019, de 3,2% et 5,8% respectivement.
- Une croissance économique prévisible de 6% dans l’ensemble des pays subsahariens où la banque Attijariwafa Bank est implantée, sur l’horizon 2015-2019.
- Une évolution annuelle moyenne de l’ensemble des créances et prêts d’Attijariwafa Bank de 4,5%, à 344,5 MMDH sur la période 2015-2019 en lien, essentiellement, avec la reprise attendue des crédits bancaires nationaux de 4,6% en moyenne. Pour la même période de référence, une croissance de 4,7% est attendue pour l’ensemble des dépôts à 376,1 MMDH.
De même, nous recommandons de conserver le titre CIH Bank. En effet, la valorisation du titre CIH BANK suppose un prix théorique de 319 DH par action, ce qui représente une décote de 2,9%, compte tenu du cours de l’action de 309,95 DH, le 14 juillet 2015.
Pour CIH Bank, nous prévoyons une évolution annuelle moyenne entre 2015-2019, de :
Ø +13,7% pour les comptes débiteurs et crédits de trésorerie ;
Ø +5,3% pour les crédits à l'équipement ;
Ø +4,2% pour les crédits immobiliers ;
Ø +7,8% pour les crédits à la consommation ;
Ø +4,2% pour les créances en souffrance.
Nous estimons également une appréciation annuelle moyenne de l’ensemble des dépôts de 5,3%, à 35 MMDH, contre une augmentation de 5,2% à 43,3 MMDH du total des prêts.
-Pourquoi vous avez recommandé d’accumuler le titre BCP et d’alléger le titre BMCE Bank?
Nous valorisons le titre BCP à un prix théorique de 228 DH par action, ce qui représente une décote de 2,2%, compte tenu du cours de l’action de 223,10 DH, le 14 juillet 2015. Ainsi, nous recommandons d’accumuler le titre BCP dans les portefeuilles. Notons que notre recommandation tient compte du potentiel de hausse de l’action BCP au moment de la concrétisation de l’entrée dans le capital des Banques populaires régionales (BPR).
En outre, cette valorisation prend en compte une croissance économique attendue de 6,2% au niveau des pays d’implantation de la BCP en Afrique subsaharienne à l’horizon 2015-2019. À ce niveau, nous estimons que l’épargne nationale brute dans les pays où l’Atlantic Business International (ABI) est présente devrait emprunter un taux de croissance annuel moyen de 7,7%, tandis que la masse monétaire globale devrait croître de 6,0% sur le même horizon.
De même, nous prévoyons une progression annuelle moyenne de l’ensemble des créances et prêts de la BCP de 6,0% à 291,52 MMDH sur la période 2015-2019. Pour les dépôts, nous estimons une évolution annuelle moyenne de 3,9% à 323 MMDH sur la même période prévisionnelle.
En revanche, nous recommandons d’alléger le titre BMCE Bank sur la base d’un prix théorique de 187 DH par action, ce qui représente une surcote de 15,5%, compte tenu du cours de l’action de 216 DH le 14 juillet 2015. Notons que BMCE Bank offre un rendement de dividende de 2,17% et 2,76% respectivement en 2015 et 2016, contre 2,04% en 2014.
Pour la filiale du groupe Finance.com, nous avons retenu, entre autres, les hypothèses relatives à :
- Une croissance économique prévisible de 6,9% au niveau des pays d’implantation de la BMCE BANK en Afrique subsaharienne sur la période 2015-2019.
- Une évolution annuelle moyenne de l’ensemble des créances et prêts de BMCE BANK de 7,9% à 252,6 MMDH, sur la période 2015-2019
- Et une appréciation annuelle moyenne de l’ensemble des dépôts de 5,3% à 259,05 MMDH, entre 2015 et 2019.
-Pourquoi recommandez-vous de vendre le titre BMCI Bank?
Pour BMCI Bank, nous recommandons de vendre le titre. La valorisation du titre BMCI a conduit à un prix théorique de 496 DH par action, ce qui représente une surcote de 23,9%, compte tenu du cours de l’action de 615 DH, le 14 juillet 2015.
-Quelles sont vos perspectives pour les indicateurs financiers de ces banques, valorisées en 2015?
Pour l’année 2015, nous prévoyons une hausse du PNB et du RNPG pour l’ensemble des banques valorisées.
Ainsi, le PNB d’Attijariwafa Bank devrait progresser, en 2015 de 3,6% par rapport à 2014, pour s’établir à 20,14 MMDH. De sa part, le résultat net part du groupe (RNPG) devrait enregistrer une hausse de 2,9% à 4,4 MMDH pour la même période de référence.
La BCP devrait voir son PNB et son RNPG augmenter respectivement de 2,5% et 6,4% à 15,12 MMDH et 2,3 MMDH.
De même, le RNPG de BMCE Bank devrait dépasser les 2 MMDH, en hausse de 6,3% par rapport à 2014. De sa part, le PNB devrait s’afficher à 12,5 MMDH, en hausse de 8,3%, pour la même période de référence.
Pour CIH Bank, le PNB devrait augmenter de 2,7% à 1,7 MMDH et le RNPG de 2% à 495 MDH, par rapport à 2014. Enfin, BMCI Bank devrait enregistrer un PNB de 3,3 MMDH et un RNPG de 392 MDH, en hausse respective de 1,7% et 7,6%, en comparaison avec 2014.
- Quelles sont vos perspectives pour le marché actions en 2015 ?
Nous estimons que pour l’année 2015, le marché casablancais devrait maintenir son incursion dans le territoire positif dans sa quête continuelle d’une croissance pérenne et solide. Cette dernière ne peut être tangible qu’avec des éléments de nature à raviver les espoirs des investisseurs à travers:
-du papier frais et de qualité par le biais de l’accélération des introductions en Bourse tant attendues de Marsa Maroc et de Mutandis
-des instruments diversifiés (marché à terme, obligations sécurisées…) ainsi que la modernisation du cadre législatif de la BVC.