Des capteurs de brouillard contre la pénurie d’eau à Sidi Ifni
Ce projet peu commun permet de récolter plus de 10 litres d’eau par m² et par jour. La production pourrait atteindre 15 litres.
Voici un projet qui va faciliter la vie des habitants de Sidi Ifni. Dans les montagnes de cette région, l’association Dar Sidi Hmad a planté de larges filets tendus dans les rochers et maintenus par un groupe de poteaux verticaux. Ces filets en polypropylène piègent les minuscules gouttes d’eau du brouillard et les transforment en eau liquide.
Pour éviter le déchirement des filets, une armature résistante fait également partie de l’installation. L’eau qui ruisselle est recueillie dans des gouttières placées en bas de ces filets. Par la suite, elle est dirigée dans des canalisations, puis stockée dans des réservoirs, pour partir finalement vers deux citernes de stockage de 500 m3 au total.
Afin de la rendre digeste, l’eau est mélangée à de l’eau provenant des puits de forage, pour la stériliser.
Cette installation constitue une aubaine pour les habitants de cette région semi-aride. «Les femmes et les enfants de cette région devaient aller à dos d’âne pour récupérer l’eau des puits qui se trouvent loin de là où ils vivent. Cette collecte leur prenait plus de 3 heures de leur temps par jour. Vous imaginez le gain de temps et d’effort», explique à Médias 24 Aissa Derhem, président de l’association Dar Si Hmad, porteuse du projet et considéré par ses connaissances comme un génial innovateur.
Grâce à ce dernier, la région ne craint plus, depuis des mois maintenant, de pénurie d’eau. Mieux, car les enfants de Sidi Ifni ont le temps désormais de partir à l’école: «les enfants du village et principalement les filles fréquentent maintenant l’école de façon régulière», se félicite M. Derhem.
Situés dans les montagnes de Boutmezguida, les capteurs de brouillard sont plantés au sommet de celles-ci, en raison de la forte présence des nuages et du brouillard. Dans la première phase, l’association a installé 600 m² de filets acquis auprès de FogQuest (un organisme de bienfaisance canadien consacré aux projets d’eau pour les communautés rurales des pays en développement), des pompes à eau solaire et 8 kilomètres de tuyaux.
L’installation FogQuest permet de récolter 10 litres d’eau par m² par jour en moyenne, profite à 400 personnes et coûte environ 25 DH par habitant. La production d’eau pourrait atteindre 15 litres d’eau par m² par jour, grâce un partenariat lancé par l’association avec la fondation allemande WasserStiftung (fondation d’eau). Cette dernière réalise des études pour l’amélioration du système.
L’installation, selon M. Derhem, est très efficace, spécialement entre les mois de décembre et juin, en raison des conditions atmosphériques.