Benkirane: les réformes des retraites et du code du travail sont inéluctables
Le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, s'est dit, mercredi "convaincu" de l'impératif de la réforme des régimes de retraite, affirmant que cette réforme "sera mise en oeuvre le plus tôt possible".
S'exprimant lors d'une rencontre avec les médias et la société civile sur "l'économie, la politique et les questions de la société", tenue à l'initiative de la Fondation Fkih Tétouani pour la science, la littérature et les oeuvres sociales et de l'Université populaire qui en relève, M. Benkirane a affirmé qu'au cas où cette réforme ne serait pas entreprise, l'État ne sera pas en mesure de payer les pensions aux retraités en 2022, du fait que les caisses de retraite s'acheminent vers la faillite.
S'agissant des prochaines élections communales, il a estimé que la principale nouveauté réside dans la supervision de ces échéances par le département du chef de gouvernement au lieu du ministère de l'Intérieur, conformément à l'esprit et à la lettre de la nouvelle Constitution.
Néanmoins, a-t-il dit, c'est le ministère de l'Intérieur, chargé par ce département à cet effet, qui continue d'assurer la gestion des élections, du fait de son expérience et de son savoir-faire accumulés dans ce domaine, affirmant qu'aucune justification ne peut être invoquée pour retirer la gestion des élections à ce ministère, qui est habilité à s'acquitter de cette mission.
Abordant la question de l'emploi, le chef de gouvernement a jugé inéluctable de réviser le code du travail, afin d'en faire un texte plus souple encourageant les investissements, sans pour autant toucher aux droits des salariés.
Le retard pris dans l'amendement de ce code tient au fait que la gestion de la chose gouvernementale exige de tenir compte des revendications des syndicats, des fonctionnaires, des employeurs et des investisseurs, afin d'assurer la paix sociale et de prendre en considération toutes les dimensions liées à l'emploi, a-t-il expliqué.
Pour le moment, aucune approche permettant de surmonter le problème du chômage n'a été trouvée, a dit M. Benkirane, qui a émis l'espoir de voir la révision du code du travail contribuer à la création de davantage de postes d'emplois, tout en rappelant les mesures incitatives "sans précédent" prises par le gouvernement afin d'encourager les petites et moyennes entreprises (PME).
Commentant le recours du gouvernement à l'emprunt, M. Benkirane a expliqué que les dettes sont contractées dans le but de financer le déficit budgétaire, affirmant qu'en dépit des efforts entrepris par le gouvernement pour réduire la dette du pays, les crédits ont pris un trend haussier jusqu'en 2014, puis se sont stabilisés en 2015 et devraient reculer l'année prochaine.
Il a par ailleurs souligné qu'au moment où la Oumma arabo-islamique traverse une période difficile, le Maroc est considéré comme une exception et jouit d'une excellente réputation sur les plans international et régional, à la faveur des spécificités et de la stabilité dont bénéficie le Royaume.
Dans une déclaration à la presse, le président de la Fondation Fkih Tétouani pour la science, la littérature et les oeuvres sociales, M. Abou Bakr Fquih Tétouani a, pour sa part, indiqué que cette rencontre a pour but d'établir des ponts de communication entre le département du chef de gouvernement et la société civile, sur les questions intéressant l'opinion publique et d'informer sur les réalisations accomplies par le gouvernement.