Croissance économique de 4,3% au 2e trimestre 2015
La croissance économique s’est établie à 4,3% au 2e trimestre, après une progression de 4,1% au 1er trimestre.
Le 2e trimestre est marqué par une bonne tenue économique avec un rythme de croissance supérieur au 1er trimestre. D’après les indicateurs collectés jusqu’à fin mai 2015 et ses estimations sectorielles, le HCP prévoit dans sa note de conjoncture de juillet une croissance de 4,3% pour le 2e trimestre en glissement annuel, après 4,1% le trimestre précédent.
La valeur ajoutée agricole s’améliore de 15,1%, contre 12% au premier trimestre, alors que la valeur ajoutée non-agricole connaît pour sa part une progression de 2% au 2e trimestre, poursuivant au même rythme qu'au 1er trimestre.
Au troisième trimestre, la valeur ajoutée agricole devrait se renforcer de 16,4%, tandis que la valeur ajoutée non-agricole devrait croitre à 2,1%, pour une croissance économique globale de 4,7%.
Rafermissement de la balance commerciale
Les exportations marquent une expansion de 9,2% en glissement annuel par rapport au 2e trimestre 2014, soutenues par celles des produits agricoles et agro-alimentaires, de la construction automobile et des phosphates et dérivés.
Les importations ont quant à elles poursuivi leur tendance baissière. Après une baisse de 10,9% au premier trimestre, les importations ont reculé de 1,9% au second trimestre. Ce repli est exclusivement dû à l’allégement de la facture énergétique de près de 24%, en lien avec la baisse du prix du baril entre les 2e trimestres 2014 et 2015.
Les importations hors énergie s’inscrivent en revanche en hausse, notamment les demi-produits (produits chimiques), les produits bruts et les biens d’équipement (voitures industrielles, avions et appareils de téléphonie), sous l’effet d’une demande intérieure soutenue.
Le déficit de la balance commerciale s’inscrit donc en baisse de 13,4%, en glissement annuel au 2e trimestre 2015 et le taux de couverture en amélioration, pour atteindre 56,4%.
Consommation intérieure et investissement soutiennent la production
La demande intérieure se raffermit au deuxième trimestre 2015, dans un contexte d’amélioration des revenus des ménages (crédits à la consommation et transferts financiers) et de stabilité des prix à la consommation.
La consommation domestique a progressé de 3,4%, contre 3,1% au trimestre précédent, soutenue par l’expansion du crédit à la consommation de 11,8% et des transferts des MRE de 1,8%. L’augmentation de la consommation interne a profité aux produits locaux, les importations de biens de consommation ayant chuté de 3,4%.
L’investissement poursuit sa timide progression, avec un accroissement de 1,2% au 2e trimestre, contre 0,9% au 1er trimestre. Cette reprise est essentiellement due au redressement des investissements en produits industriels sur fonds d’augmentation des crédits accordés à l’équipement et de hausse des importations des biens d’équipement.
En revanche, l’investissement en produits de BTP est resté en retrait, comme en atteste la poursuite de la tendance baissière des ventes de ciment et le ralentissement de l’encours des crédits à l’immobilier.
Faible dynamisme des activités non agricoles
Les activités non agricoles ont progressé à un rythme de 2% au 2e trimestre entraîné par les activités tertiaires qui ont cru de 2,1%. Le secteur secondaire demeure relativement stagnant.
Le commerce, les transports et les télécommunications ont été le moteur de la croissance du secteur tertiaire. En revanche la valeur ajoutée de la restauration et de l’hébergement s’est infléchie de 1,1% après une baisse de 1% au 1ertrimestre.
Au niveau du secteur secondaire, l’activité industrielle s’est affermie de 2,1% au second trimestre en variation annuelle, à la faveur de l’industrie automobile et agro-alimentaire (conserves de légumes et poissons). Les industries mécaniques et métallurgiques ont connu un léger retournement à la hausse de 0,8%, entraînées par les exportations automobiles soutenues. Les autres industries demeurent dans le rouge, notamment celles du textile, des biens de construction et de raffinage.
Le secteur de la construction connait une légère amélioration de 2% de sa valeur ajoutée au 2e trimestre, contre 1,3% au 1er trimestre. La demande adressée à l’immobilier s’incline à la hausse, avec une augmentation des transactions immobilières de 7,4% au second trimestre 2015, par rapport à l’année dernière. En atteste également la chute de production des biens de production, en décélération au 2e trimestre, pour se situer à -1%, contre 4,8% un trimestre auparavant.
L’activité minière poursuit sa contraction à 3,1% au 2e trimestre, après -10,9% et -3,5% respectivement aux cours des deux trimestres précédents. C’est l’activité minière non métallique et notamment celle des phosphates bruts qui pénalise la reprise. Le volume des exportations d’acide phosphorique et d'engrais chimiques ont en effet connu une inflexion à la baisse à partir du mois de mai, alors que les prix internationaux se raffermissent. De son côté, la demande locale des industries de transformation décline.
Une activité agricole en expansion
L’activité agricole poursuit son dynamisme, avec une croissance de la valeur ajoutée de 15,1% en variation annuelle. La production végétale est le premier moteur de cette croissance, notamment des cultures précoces fourragères, céréalières et légumineuses. La croissance des cultures maraîchères et fruitières a été moins vigoureuse, suite aux pics de 2014. Les productions de viande rouge et blanche ont progressé de 1,2% et 4% respectivement en variation annuelle, à la faveur des conditions climatiques et de la stabilisation des coûts d’alimentation des cheptels.
L’inflation des prix à la consommation accélère
Les prix à la consommation ont progressé de 2% au 2e trimestre, après une variation de 1,5% au 1er trimestre. Ceux-ci ont été essentiellement tirés par les prix des produits alimentaires (notamment fruits et poissons), en hausse de 2,9%. Les prix des produits non alimentaires ont quant à eux légèrement progressé de 1,2%, en glissement annuel, au lieu de 1,1% au 1er trimestre.