Arrestation de cinq déjeuneurs à Marrakech
Cinq jeunes Marocains ont été arrêtés lundi 6 juillet à Marrakech pour avoir déjeuné sur la place Jamaa el Fna.
Des agents de la police touristique de Marrakech ont appréhendé, ce lundi, cinq jeunes Marocains qui étaient en train de consommer un jus d'orange sur la place Jamaa El'fna, nous apprend un communiqué de l'Association marocaine des droits de l'homme section Marrakech.
Les faits se sont déroulés à 15 heures, lorsqu'une groupe d'amis venus de Rabat accompagner l'un des leurs avant son voyage pour le Qatar se sont arrêtés à la place Jamaa El'fna pour s'hydrater.
Le groupe de jeunes a ensuite été assailli par les passants avant que la police touristique n’intervienne et les emmène au poste.
"Arrivés au poste, les agents de police ont découvert que l'une des personnes détenait une quantité de haschisch et qu'une autre personne était soupçonnée d'avoir consommé de l'alcool", nous a déclaré Omar Arbib, président de la section AMDH de Marrakech. Ces deux personnes ont été placées en garde-à-vue et seront présentées, mercredi 8 juillet, au tribunal de première instance de Marrakech.
D'après des informations recueillies par la section AMDH de la ville de Marrakech, mais non confirmées de source officielle, l'un des jeunes arrêtés hier est le fils d'un haut responsable du ministère de l'intérieur à Rabat, un autre est le fils d'un parlementaire. Le père d'une troisième personne est journaliste à Al Jazeera au Qatar.
"Les deux jeunes personnes arrêtées seront présentées devant le procureur demain mercredi, entre 9 et 11 heures. Mais on ignore jusqu'à maintenant quelles seront les charges qui seront retenues contre elles" ,nous a déclaré Omar Arbib. Il poursuit:"Nous restons très vigilants. Si les charges retenues concernent le déjeuner public selon les dispositions de l'article 222, cela constituera une réelle et grave atteinte aux libertés individuelles. Nous attendons d'avoir plus d'éléments sur ce dossier."
Cette affaire suscite plusieurs autres interrogations.
En effet, l'article 222 du code pénal marocain dispose que "celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l’emprisonnement d’un à six mois, ainsi que d’une amende". Le voyage, faisant partie des motifs admis pour la rupture du jeune en plein jour n'a pas été retenu, et les jeunes ont tout de même été transférés au poste.
Qu'en est-il du cas de force majeure, sachant qu'en cette période de l'année, les températures avoisinent les 40° Celsius à Marrakech?