250 Subsahariens occupent l’église espagnole de Tanger
EXCLUSIF. 250 ressortissants subsahariens expulsés du quartier Al Irfane 2 à Boukhalef cette semaine se sont réfugiés dans un lieu de culte catholique. Un autre groupe s’est installé dans un bois près de l’aéroport.
Après les expulsions de Boukhalef, le désarroi et le dénuement dominent chez les Ivoiriens, Camerounais, Guinéens, Sénégalais et d’autres ressortissants africains réfugiés à Tanger. Plus de 250 d’entre eux ont trouvé abri à l’église espagnole sur l’avenue Hassan II depuis 48 heures.
Médias 24 a pu constater que les arrestations et évacuations de squats qui ont débuté tôt mercredi dernier à Al Irfane se poursuivaient ce vendredi à la mi-journée.
Les Subsahariens réfugiés à l’église espagnole dorment, pour les hommes, sur le parvis et dans les jardins de l’église. L’êvêque responsable des lieux a autorisé les femmes et les enfants à dormir à l’intérieur de l’église.
Située en plein centre-ville à 200 mètres des bureaux de Médi 1, à 500 mètres de l’hôtel El Minzah et à 800 mètres du palais Marshan qui souvent abrite les cérémonies de la fête du Trône, l’église abrite de nombreuses jeunes mamans avec des enfants à charge. Le désarroi se lit sur le visage de tous.
Non-assistance à personnes en danger
Selon le Camerounais Théodore, «ce vendredi, nous n’avons pas encore mangé». Interrogé pour savoir si des repas avaient été apportés au cours de ces derniers jours ou si des médecins s’étaient rendus sur place, la réponse est négative.
Plusieurs réfugiés ont confirmé à Médias 24 que ni le Croissant-rouge par exemple ni des ONG de la ville ou nationales ne s’étaient encore rendus sur place.
Le même schéma de misère et de désarroi se répète pas loin de la faculté des sciences de Tanger, près de l’aéroport Ibn Battouta. Là aussi, près de 200 Subsahariens se sont abrités dans un bois en plein air. Autant sur l’avenue Hassan II que près de la fac, la situation relève de la non-assistance à personnes en danger.
Un jeune Ivoirien, Franck, décrit une situation humanitaire comme apocalyptique, avec notamment le cas d’une jeune maman qui a accouché dans les bois la nuit dernière, sans aucune assistance médicale et la peur au ventre.
Selon des sources non officielles, des pourparlers ont commencé entre plusieurs groupes de Subsahariens et l’implication des autorités marocaines, des représentants diplomatiques africains et de l’OIM, l’Organisation internationale des migrations pour organiser des retours volontaires.
La situation humanitaire et sanitaire des Subsahariens de Tanger se détériore à vue d’œil depuis le début de cette semaine. À force de stress, d’être sous-alimentés et de dormir à la belle étoile, nombre de Subsahariens ne tiennent encore physiquement que par miracle.