Nouveaux affrontements entre Marocains et migrants à Tanger
Le quartier de Boukhalef a été le théâtre de nouveaux affrontements entre résidents du quartier. Ce ne sont pas les premiers. La dernière fois en septembre, le jeune Sénégalais Charles Ndour y avait laissé la vie.
Selon Amine, témoin des incidents et résident du quartier, joint par Médias 24, «les incidents violents ont démarré peu après minuit la nuit dernière. Auparavant, précise notre interlocuteur, juste après la prière du soir, des propriétaires d’appartements étaient allés demander à des locataires des lieux de les quitter». Invectives et bagarres ont duré jusqu’à l’heure de la prière d’al fajr.
Selon Amine, «des propriétaires mécontents du fait que certains appartements avaient été transformés en bars voulaient déloger les habitants de plusieurs appartements», une situation que Médias 24 n’a pas pu vérifier de manière indépendante.
Au mois de juin 2014, durant la Coupe du monde, plusieurs résidents subsahariens de Boukhalef se réunissaient pour voir ensemble les matchs de football. Le fait que de la bière était servie avait déclenché des incidents avec certains résidents du quartier et avaient provoqué l’incendie d’un appartement.
Tout l’été 2014 avait été marqué par des incidents qui avaient démarré en juin et mené au meurtre de Charles Ndour en septembre.
Ces nouveaux incidents, qui ont fait un blessé léger et n’ont pas été accompagnés de casse, d’incendies ou de mort d’homme, comme ce fut le cas dans un passé récent, interviennent à un moment où une frange de la population marocaine de ces quartiers manifeste son exaspération.
Absences
Outre le fait de «se sentir envahie» selon les termes de résidents, elle déplore «l’absence de réactivité et de suivi des autorités». Depuis la mi-mai, deux rassemblements et marches ont été convoqués dans le quartier pour exiger «plus de sécurité», même s’il n’est pas démontré que «l’insécurité» ait pour origine les comportements de résidents subsahariens du quartier.
Au contraire, auprès de la police, les ressortissants subsahariens s’ils sont sans papiers ou squattent des appartements, ne sont pas du tout réputés pour avoir des comportements délinquants.
La situation du quartier tangérois de Boukhalef depuis deux ans est emblématique de la montée d’une xénophobie, dont les Subsahariens sont les boucs émissaires et les souffre-douleur. Les enjeux locaux sont d’ordre social, culturel et concernent la qualité de la gestion communale également. Mais depuis deux ans, autorités comme élus ne semblent pas encore prêts à proposer des solutions qui respectent les droits et la sécurité de chacun, nationaux et étrangers.
À Boukhalef des habitants menacent qu’à la prochaine manifestation, «nous irons plus loin, nous irons sur le boulevard Moulay Rachid et interromprons la circulation».