Dialogue social: les syndicats tiennent aux augmentations de salaires
Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement marocain, n’aura pas la tâche facile le mercredi 17 juin, date de la reprise du dialogue social. Les syndicats tiennent à leur augmentation de salaire et à une réforme globale des retraites.
La majorité des centrales syndicales conviée à cette rencontre et contactées par Médias 24, campent sur un seul point, ou sur un package dont le point nodal est, et demeurera, l’augmentation des salaires.
Selon les informations collectées auprès des syndicats, l’invitation de Abdelilah Benkirane comprend un résumé des discussions menées avec, notamment, les ministères des finances, de l’emploi et de la fonction publique.
«La teneur de ce résumé n’est pas consistante et ne comprend aucune avancée ou proposition concernant nos revendications», accuse Abderrahmane Azzouzi, secrétaire général de la Fédération Démocratique du Travail (FDT).
Le syndicaliste fait référence à un seul point, essentiel pour que la centrale puisse accéder à la demande du gouvernement: l’augmentation des salaires, une option que le gouvernement aura du mal à entériner.
Selon la version des centrales syndicales, Benkirane a tenté de négocier un geste financier pour adoucir les protestations des partenaires sociaux et rouvrir le dossier de la réforme de la retraite. Le niet de son ministre des finances lui aurait compliqué la tâche. S’exprimant au parlement il y a quinze jours, M. Benkirane a rejeté toute hausse des salaires dans la fonction publique.
«Malgré cela, nous allons discuter, au sein du bureau exécutif, la décision d’accepter l’invitation de Benkirane, mais nous sommes d’ores et déjà intraitables sur la démarche du gouvernement qui isole la question de la retraite», explique Azzouzi.
La Confédération démocratique du Travail (CDT) s’aligne sur cette position. Si la participation à la rencontre du 17 juin est acquise, le dialogue, proprement dit, ne l’est pas encore. Et les exigences de la confédération risquent de donner des insomnies et au chef du gouvernement et à son ministre des finances.
« Nous allons assister à ce round du dialogue social, mais nous refuserons tout accord sur la retraite dans les conditions présentées par le gouvernement», insiste Abdelghani Raki, membre du bureau exécutif de la CDT.
Pour la centrale syndicale, si discussion sur la retraite il y aura, elle devra être générale et non pas se focaliser sur le seul cas de la fonction publique. Et attention, la CDT ne parle pas que du SMIG (salaire minimum). Elle utilise le terme «revenu» et revendique une hausse de 25 à 30%, tous secteurs confondus.