71 pensionnaires ont été évacués jeudi de Bouya Omar
71 pensionnaires de Bouya Omar ont été évacués jeudi dans le cadre de la première étape de l’opération Karama (dignité) lancée par le ministère de la Santé publique, avec le soutien des autorités locales, des élus, de la société civile et des familles des patients.
70 d’entre eux ont été transférés vers des établissements de santé et le dernier a regagné le foyer familial, à la demande de sa propre famille.
Dans un entretien à l’agence MAP, le ministre de la Santé publique a indiqué que son département a mobilisé dans le cadre de l'opération "Al Karama" 34 médecins et 122 infirmiers, outre une enveloppe de 40 millions DH pour l'achat de médicaments de deuxième et troisième générations, ainsi que des ambulances et la construction d'un dispensaire près du mausolée, d'une capacité de dix lits, aux côtés d'autres services sanitaires.

M. El Ouardi a évoqué, à ce propos, les efforts du ministère dans le domaine de prise en charge des malades psychiques et mentaux, notant qu'il a été procédé, pendant une courte durée, à l'augmentation de 50 le nombre de lits réservé aux patients de ces pathologies, alors que 2,25 pc du budget des médicaments a été alloué à ceux relatifs aux maladies psychiques et mentales (un taux qui ne dépassait pas 1% auparavant).
De même, a souligné le ministre, il a été procédé à l'ouverture d'hôpitaux à l'échelle nationale pour rapprocher les malades de leurs familles et faciliter la prise en charge de ces cas.
Il a fait observer que le ministère œuvre à ce sujet, depuis un an et demi, à travers l'élaboration d'une étude en partenariat avec des secteurs gouvernementaux et des organismes des droits de l'homme concernés, dont le ministère de la justice et des libertés publiques et le département des Habous et des affaires islamiques et l'ensemble des intervenants, relevant que "le mausolée Bouya Omar n'a aucun rapport avec les pratiques en vigueur dans les lieux environnants". "Il s'agit, a-t-il dit, d'un commerce dont bénéficient certains".

M. Louardi a fait savoir, en ce sens, que la visite de terrain entreprise avec la participation de 22 médecins et des experts du Conseil national des droits de l'homme a permis de constater que 70% des malades ne reçoivent aucun traitement et que la plupart d'entre eux manifestent des signes de maltraitance, de torture, de maladies physiques et des conditions de séjours et de vie misérables, affirmant que "les cas de nombreux malades ligotés avec des chaînes, témoignent de la violation flagrante des droits de l'homme et relèvent de la non assistance à des personnes en situation de danger".
Après avoir rappelé que les associations représentant les familles ont été reçues récemment pour leur expliquer cette opération, le ministre de la santé a indiqué qu'il est inadmissible que des médias étrangers présentent des photos de personnes ligotées au Maroc au 21e siècle.