Benabdellah encourage l’industrialisation des matériaux de construction
Le ministre de l’Habitat, Nabil Benbdellah, veut accompagner le secteur des matériaux de construction vers l’innovation. Deux mots clés: la préfabrication et l’industrialisation.
«Le secteur vit des heures difficiles. Il faut le relancer et trouver des produits de substitution», a déclaré le ministre lors d’un séminaire organisé ce mardi 9 juin par le ministère de l’Habitat et de la politique de la ville à Rabat. Le ministre fait allusion au secteur des matériaux de construction, et particulièrement à l’industrie du béton.
Le ministre n’a pas tort, le secteur est frappé de plein fouet ces derniers temps, après qu’il ait connu une progression durable pendant une longue période. «Avec la rétraction de la demande, le marché s’est transformé en un marché de prix qui tire vers le bas l’ensemble de la profession. L’absence d’avis technique a freiné toute possibilité d’innovation», constate David Toledano, président de la Fédération des industries des matériaux de construction.
Pour faire face à cette réalité, les professionnels du secteur nt sur la préfabrication et l’industrialisation. La préfabrication car «le taux de pénétration de l’industrie de la préfabrication du ciment laisse un grand espoir, puisque nous sommes à 8%, alors que le benchmark des pays qui nous entourent comme l’Espagne sont à 18%. La marge de progression est très importante», analyse M. Toledano.
Outre la réduction significative des coûts, l’avantage de la préfabrication est la maîtrise du processus de fabrication et donc de la qualité.
Puis, l’industrialisation, car «la construction artisanale ou sur mesure coûte de l’argent et freine le développement du secteur. Il faut une industrialisation accompagnée par la standardisation ,» poursuit David Toledano.
En effet, au Maroc, la majorité des logements sont des pièces uniques, pour toutes leurs composantes, portes, fenêtres,…
L’industrialisation est la source d’optimisme des professionnels d’un secteur qui emploie entre 6.000 et 8.000 personnes et dont le chiffre d’affaires avoisine les 3 MMDH. Une réflexion en ce sens est en cours pour la mise en place d’un écosystème des matériaux de construction du ciment, de l’industrie du béton, et du béton prêt à l’emploi.
Les obstacles qui font face au développement du secteur sont nombreux. Il y a la multiplication des taxes parafiscales, notamment les 150 DH de taxe à la tonne sur le ciment, l’exonération de la TVA pour les auto-constructeurs ou encore la mentalité conservatrice, estime Azzeddine Abbakil, président de l’Association marocaine de l’industrie des bétons (AMIB). A titre d’exemple, la ligne LGV en France est constituée de produits préfabriqués. Ce n’est pas le cas au Maroc.
La bête noire des professionnels du secteur reste l’informel.Les professionnels présents au cours du séminaire revendiquent une meilleure normalisation, une meilleure transparence, la mise en place d’un cadre et d’une réglementation pour la forfaitisation de la TVA,…Bref, des règles de concurrence loyales.
L’industrialisation des matériaux de construction se présente comme l’avenir du secteur. Un proccessus de fabrication à même de «doubler le nombre d’employés. On peut imaginer à terme le doublement de cet effectif», espère Mehdi El Maachi, vice-président de l’AMIB.