Driss Lachgar se positionne comme porte-parole des modernistes
Mardi soir sur Al-Aoula, la chaîne de télévision nationale, le public a retrouvé le Driss Lachgar des grands jours. Lorsque ce ténor de la politique, du parlement et du barreau, n’hésitait pas à croiser le fer avec ses adversaires du PJD et tous ceux qu’il rangeait dans le camp ultra-conservateur.
La première partie de l’émission (vidéo) fut donc celle du discours “moderniste“. Driss Lachgar veut se positionner comme le porte-parole de la gauche d’antan, celle qui défendait des valeurs de libertés individuelles, de citoyenneté, de responsabilité, de reddition des comptes, d’autonomie du droit et tutti quanti.
Voici donc un verbatim de l’émission :
-“Much Loved“: l’image du Maroc n’est pas fragile à ce point, un seul film ne peut lui porter atteinte. L’USFP a pris position dès le début de la polémique: personne n’a un droit de tutelle sur l’art et la création. Et pourtant, on s’arroge le droit de décider pour les autres.
-Mawazine: Le Maroc, et la ville de Rabat, sont une exception. Sur cinq scènes, chaque soir, il y en a pour tous les publics, l’international, l’oriental, le Marocain….
Mawazine est né d’une idée de l’USFP, le festival de Rabat, un festival de diversité.
Les centaines de milliers de spectateurs plébiscitent chaque soir la modernité et la diversité. Je dis à ceux qui critiquent : respectez la volonté des Marocains.
-Ce gouvernement est une anomalie. Un ministre fait l’apologie de Mawazine [allusion au ministre du tourisme] et son collègue fait le contraire [Khalfi ou Rabbah].
Le Chef du gouvernement est fort par la faiblesse des composantes de la majorité, par la faiblesse de ses propres alliés.
-On n’entend plus les intellectuels modernistes qui étaient la référence pour nous, ni les organisations qui jouaient un rôle d’avant-garde.
J’attire l’attention sur ce que notre région a connu comme tensions et violences.
En Egypte, ce sont les concessions des modernistes qui ont mené le pays à la situation actuelle.
Nous vivons une situation où certaines parties [le PJD] ont pour mission de dresser [ou dompter, apprivoiser] les Marocains pour les pousser à accepter la tutelle.
Ceux qui signent les pétitions pour défendre la langue arabe ont scolarisé leurs enfants dans les missions étrangères.
-Après les printemps arabes, l’équilibre politique et sociale a changé au profit des forces conservatrices, dans toute la région.
-Si la baraka [pluies, baisse du cours du pétrole] doit gérer le pays, nous n’avons pas besoin du gouvernement.
-Soutien à l’avis du CESE sur les retraites. C’est un bon compromis.
-L’USFP a subi l’usure du pouvoir et il est maintenant dans l’opposition pour se reconstruire, nous travaillons, nous sommes sur les rails.