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ECONOMIE

Casablanca. Ce que le nouveau système anti-pollution du littoral Est a changé

Grâce au système de traitement des eaux usées mis en service par la Lydec, les 80 km de côtes du grand Casablanca sont enfin dépolluées à 100%. La faune et la flore sont en cours de reconstitution.

Casablanca. Ce que le nouveau système anti-pollution du littoral Est a changé
Samir El Ouardighi
Le 4 juin 2015 à 17h37 | Modifié 4 juin 2015 à 17h37

A l’occasion de la visite de sa nouvelle station de traitement sise à Sidi Bernoussi organisée ce jeudi par la Lydec, Médias 24 a constaté les retombés du système de traitement des eaux usées sur le littoral marin.

Tout juste inauguré le 13 mai dernier par le Roi Mohamed VI, la station anti-pollution du littoral-est (SAP est) du grand Casablanca a commencé à transformer l’état des 80 km de côtes de la capitale économique.

Habitués à une pollution olfactive, visuelle et même sanitaire, les riverains interrogés ont tous fait part de leur satisfaction voire de leur étonnement face aux résultats bénéfiques environnementaux.

Comme par enchantement, les mauvaises odeurs ont disparu et l’eau de mer d’ordinaire trouble a retrouvé sa couleur naturelle. Malgré la fin de matinée, les amateurs de promenade sont nombreux.

Grâce à cette dépollution, les habitants des zones côtières disposent d’ores et déjà d’eaux de baignade conformes aux normes marocaines de salubrité.

Pour le plus grand bonheur des pêcheurs, les bancs de poissons n’hésitent plus à s’approcher du rivage et un semblant de flore aquatique et de crustacés sont de retour sur les rochers du littoral.

A terme, le traitement des eaux usées présente des bénéfices économiques majeurs comme la restauration du potentiel touristique des 80 kilomètres de côtes entre Mohammedia et Dar Bouazza.

Les eaux sales étaient déversées directement sur la plage !

Avant la mise en service de ce système anti-pollution, les eaux usées brutes provenant aussi bien d’égouts que d’usines environnantes se déversaient directement sur les côtes casablancaises.

Le SAP-Est permet d’intercepter toutes les eaux usées qui étaient auparavant directement rejetés en plein rivages par neuf déverseurs situées entre le port de Casablanca et la ville de Mohammedia.

D’une capacité totale de 11 m3/seconde, le système tourne actuellement à 4 m3/s et n’atteindra son potentiel complet qu’en 2030 quand tout le foncier sera raccordé au réseau d’assainissement.

Les 9 déverseurs  serviront désormais à éliminer le surplus des eaux propres de pluie sans aucune pollution toxique pour l’écosystème marin ou pour les riverains.

A elle seule, cette station traite 55% des eaux usées brutes du grand Casablanca grâce à un processus de décantage, dessablage, dégraissage et de désodorisation.

Après quoi, les eaux traitées sont éliminées en haute mer grâce à un émissaire situé à 20 mètres au dessous du niveau de la mer.

Hormis le traitement des eaux, c’est indéniablement cette conduite souterraine de 2,2 kilomètres qui est à l’origine de l’embellissement de la façade maritime casablancaise.

L’océan épure les eaux prétraitées, en quelques heures

Déversées en haute mer, les eaux traitées font l’objet en quelques heures d’un extraordinaire travail biologique d’autoépuration et de nettoyage bactériologique de l’océan atlantique.

Grâce à la station complémentaire d’El Hank (1995) traitant 45% d’eaux usées de Casablanca (de Dar Bouazza à Casa port), les côtes de la métropole sont désormais protégées à 100% de la pollution liquide.

Pour l’anecdote, la station d’El Hank a vu le jour après l’édification de la mosquée Hassan II cernée par les rejets malodorants d’égouts.

Les deux stations est et ouest du grand Casablanca remédient de manière exemplaire au déficit d’assainissement qui caractérise encore l’essentiel des villes marocaines. L’exemple de la station d’El Hank a d’ailleurs été dupliqué à Rabat par la Redal et à Tanger par Amendis.

Notons cependant que les solutions de traitement mises en œuvre à Sidi Bernoussi (Lydec) et à El Hank par la RAD (régie autonome de distribution) ont l’avantage de se trouver dans une ville côtière.

Hormis Marrakech ou Fès, dans les petites villes de l’intérieur du royaume, les réseaux d’assainissement sont loin d’être performants.

La mise en service de stations de traitement biologique des eaux usées sans l’élément d’épuration marin coûtent encore trop chères pour les finances des petites communes.

Sachant que la station de la Lydec a coûté 1,45 MMDH et celle de El Hank 1 MMDH, il faut préciser que pour arriver au même résultat, il faut multiplier la facture d’investissement par trois.

Le plus souvent, les eaux usées sont rejetées dans des rivières ce qui ne manque pas d’occasionner une pollution toxique occasionnant des risques environnementaux et sanitaires aux habitants.

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Samir El Ouardighi
Le 4 juin 2015 à 17h37

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